Sarah originaire de Normandie – GR20 complet en autonomie

Bonjour Sarah, peux-tu te présenter stp ?

Salut à tous ! J’ai 26 ans. Mon trait de caractère principal est la curiosité et je pense également avoir beaucoup de volonté. J’adore découvrir de nouvelles choses et suis toujours intéressée pour partir à l’aventure.

Début de l’itinéraire dans le haut du village de Calinzana. Ici commence l’aventure.
Début de l’itinéraire dans le haut du village de Calinzana. Ici commence l’aventure.

Le sport a une place importante dans ma vie, tant pour garder la forme que pour le plaisir de me dépasser. J’aime beaucoup le ski alpin même si je ne peux le pratiquer autant que je le voudrais pour des raisons de temps et de possibilité de vacances. Je pratique plus régulièrement la natation et surtout la course à pied qui m’apporte de bonnes sensations, dont ce bien être après chaque course. Je suis de plus en plus motivée depuis que j’ai découvert l’application pour mobile Nike+ Run Club. Je cours du mois de Mars à Octobre, à raison d’environ une course par semaine. Je n’ai jusqu’alors pas participé à des compétitions mais je prévois de le faire prochainement. Le sport me permet de me sentir bien, de me vider la tête, et je considère la course à pied comme un besoin depuis que je cours régulièrement. Je pratique le Running depuis environ 5 ans mais toujours de Mars à Octobre en raison de mes études actuelles (Master 1 de Psychologie) qui me demandent beaucoup de temps et de travail à cette période.

En dehors du sport, j’aime également beaucoup voyager, découvrir d’autres cultures et paysages et j’apprécie également beaucoup le cinéma, la musique et la lecture.

As-tu déjà une expérience de la randonnée ?

Avant de débuter le GR20, je n’avais pratiquement pas fait de circuit de randonnée. J’ai juste effectué quelques marches dans ma région pour m’habituer et pour faire mes chaussures de randonnée que j’avais achetées pour l’aventure. J’ai dû faire 4 ou 5 marches qui n’avaient rien à voir avec le GR20 surtout en terme de dénivelé (la Normandie, c’est plat !). Les sorties que j’ai effectuées, je les ai récupérées dans le TopoGuides de ma région « L’Eure… à pied ». Le département de l’Eure (27) se situe en Normandie pour ceux qui ne connaissent pas. La durée de ces petites randonnées étaient estimées à environ 3 à 4h. Je les parcourais toujours plus rapidement. Les distances allaient de 10 à 18 km. Je n’ai pas éprouvé de difficultés particulières sauf peut-être pour celle de 18 km que j’ai eu la mauvaise idée de faire un jour de vigilance canicule.

Depuis 3 – 4 ans, je passe une ou deux semaines de vacances en Corse, où il m’est arrivée de faire une partie d’une randonnée « sentier i scarpi 3H » dans le Sud de la Corse pas très loin de Conca d’ailleurs. J’avais été surprise par le dénivelé que je trouvais important.

En dehors de ces différentes marches, je n’avais jamais effectué de randonnée sur plusieurs jours et surtout je n’avais jamais été confronté à des dénivelés si importants.

Peux-tu nous conseiller quelques randonnées à faire dans ta région ?

Je ne peux que conseiller des petites randonnées abordables en famille, et qui sont très appréciable par la sérénité et la verdure en campagne, comme La vallée du Guiel. Cette vallée est jalonnée de nombreux moulins. On peut y voir certaines maisons aux architectures particulières, des églises avec de beaux vitraux ou encore des dolmens.

La randonnée Val-Gallerand est sympathique également. Elle débute à La Ferrière-sur-Risle. Sur le parcours, on peut découvrir deux aspects différents de l’architecture normande : les vieilles maisons de La Ferrière et les fermes-manoirs du Val-Gallerand.

Comme vous voyez, je ne connais pas beaucoup de randonnées dans ma région. Celles que j’ai mis en avant ci-dessus sont agréables, mais après avoir fait le GR20, je vais sans doute me renseigner pour effectuer des randonnées plus longues voire sur plusieurs jours dans ma région ou dans les alentours (la Normandie, le GR2 qui traverse l’Île de France en suivant la Seine, le GR22 qui permet de randonner de Paris jusqu’au Mont Saint-Michel en plus de 30 jours).

Quid de ton GR20 : quelle période, quel sens, quel itinéraire, seule ou accompagnée ?

J’ai fait le GR20 du 26 Juin au 11 Juillet 2017. Initialement, je voulais le réaliser avec ma cousine Lucie. Nous avons donc pris l’avion toutes les deux à Orly en direction de Calvi. Puis nous nous sommes rendus à Calenzana à pied en partant de l’aéroport de Calvi et en passant par le petit village de Moncale.

Vu du village de Calenzana en passant par Moncale
Vue du village de Calenzana en passant par Moncale.

J’ai choisi d’effectuer le parcours du Nord au Sud comme cela se fait en général. J’ai parcouru le GR20 dans son intégralité en 16 jours comme mentionné dans le TopoGuides que je possède « À travers la montagne corse », avec le découpage suivant :

Étape 1 : de Calenzana à Ortu di u Piobbu
Étape 2 : de Ortu di u Piobbu à Carrozzu
Étape 3 : de Carrozzu à Ascu Stagnu
Étape 4 : de Ascu Stagnu à Tighjettu
Étape 5 : de Tighjettu à Ciottulu di i Mori
Étape 6 : de Ciottulu di i Mori à Manganu
Étape 7 : de Manganu à Petra Piana
Étape 8 : de Petra Piana à L’Onda
Étape 9 : de L’Onda à Vizzavona
Étape 10 : de Vizzavona à E Capannelle
Étape 11 : de E Capannelle à Prati
Étape 12 : de Prati à Usciolu
Étape 13 : d’Usciolu à A Matalza
Étape 14 : d’A Matalza à Asinau
Étape 15 : d’Asinau à I Paliri
Étape 16 : d’I Paliri à Conca

Quel était le contexte de vouloir faire le GR20 ? Une préparation spécifique ?

Depuis quelques années, je passe une à deux semaines de vacances en Corse avec mes parents au mois de Juin. J’ai donc eu l’occasion de visiter plusieurs villes et villages ainsi que de belles plages. Je savais qu’il y avait des endroits magnifiques dans les terres mais difficilement accessibles par la route. Ces vacances, je les passais dans le petit village de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio près de Conca. L’année dernière en 2016, j’avais donc suggéré à mon père de profiter de la proximité du GR20 pour effectuer deux étapes en partant de Conca dans le sens Sud – Nord. J’avais prévu le matériel adéquat pour quelques jours de randonnée, mais malheureusement suite à une grève des aiguilleurs du ciel (merci, les gars !), mon avion a été annulé. Je n’ai donc pas pu rejoindre mon père déjà en Corse depuis quelques jours. Le projet est donc tombé à l’eau. Etant donné que je possédais une partie du matériel, j’ai réitéré cette idée de faire le GR20 l’année suivante (2017). Mon père n’ayant pu réserver des vacances en Corse cette année, j’ai donc recherché une personne pour m’accompagner pour faire le GR20 mais cette fois-ci en entier dans le sens Nord – Sud. J’ai pensé à une de mes cousines qui voyage régulièrement dans de nombreux pays (Australie, Afrique, Turquie et j’en passe …). Elle me paraissait susceptible d’être intéressée. Tout de suite, elle a été intéressée malgré son inquiétude concernant la difficulté du périple. Je me suis occupée de la réservation des billets d’avion au mois de Mars – Avril pour partir au mois de Juin.

Le GR20, c’est une randonnée mythique, qui me permettait de découvrir la Corse une fois de plus mais sous un autre angle. On m’avait parlé des paysages de rêve, des alpages, bergeries, mouflons, chèvres, cabris et tant d’autres espèces à découvrir. Je savais les paysages magnifiques qui m’attendaient alors forcément je me suis confortée dans l’idée de le réaliser.

Effectuer une randonnée sur plusieurs jours me permettait également de casser la routine de mes études et de prendre un bon bol d’air. C’était donc l’occasion de traverser la Corse par le biais du mythique GR20.

Après être passée sur la célèbre passerelle suspendue de Spasimata, j’arrive à l’entrée des gorges, c’est parti pour monter de grandes dalles rocheuses
Après être passée sur la célèbre passerelle suspendue de Spasimata, j’arrive à l’entrée des gorges, c’est parti pour monter de grandes dalles rocheuses

Comme expliqué dans une des questions précédentes, j’ai fait quelques randonnées (4 – 5) dans ma région pour faire mes chaussures, environ une cinquantaine de kilomètres avec quasiment pas de dénivelé. Puis au fil des randonnées je remplissais mon sac de randonnée un peu plus afin de m’habituer au poids, en commençant à porter 5 kg, 10 kg puis plus de 15 kg.

Je n’ai pas fait plus de sport qu’habituellement, j’ai juste orienté le type de sport que je pratiquais les deux mois avant de démarrer le GR20. J’ai réduit la course à pied à une fois par mois, pour conserver une base cardio. J’ai opté pour une ou deux séances de sport en groupe en salle selon mes disponibilités. J’y pratiquais la musculation, abdos, fessiers, bras avec divers exercices de musculation et cardio, et quand le temps le permettait, de la marche rapide en extérieur. Puis, une randonnée par semaine quand cela était possible pour faire mes chaussures et m’entraîner à porter le sac de randonnée et surtout m’initier à la randonnée que je découvrais.

Au niveau organisation, j’avais opté pour effectuer le GR20 en autonomie quasi complète. Ceci pour rendre l’aventure plus vivante et également pour que cela revienne moins cher. Nous transportions donc notre tente avec nous pour payer seulement l’emplacement de bivouac près de chaque refuge. J’avais prévu un matelas autogonflant, un sac de couchage, un drap de soie et un sursac pour les nuits fraîches, puis un petit oreiller compressible de Quechua.

Justement, quel type de matériel avais-tu emporté ?

N’étant pas habituée à la randonnée et encore moins sur plusieurs jours, je me suis renseignée sur divers ouvrages concernant le GR20 ainsi que sur des sites internet et auprès de personnes ayant fait le GR20 en ce début d’année et également d’un ami ayant fait une partie il y a quelques années, pour avoir bon nombre de conseils, avis pour préparer l’équipement dont j’allais avoir besoin. Toujours très organisée, j’ai essayé de prévoir le maximum de choses pour que la randonnée se passe au mieux.

Je suis partie avec un sac de 45 + 10 Litres. Mon sac est un sac à dos spacieux pour de longues randonnées en montagne, des trekkings. C’est un sac à dos de la marque Deuter : Futura Vario 45 + 10 SL. Le dos aéré est vraiment agréable et le sac est confortable. La forme du sac (plus en longueur) évite d’être tiré en arrière par le poids du sac. Les multiples poches qu’il possède sont vraiment très pratiques. Pour le poids, quand il a été pesé à l’aéroport pour être placé en soute, sans avoir mis l’eau, le poids s’élevait à plus de 19 kg. Le poids de mon sac au départ du GR20 s’élevait donc à plus de 22 kg, et je portais également un petit sac devant par manque de place dans mon sac de randonnée.

Vue de Bocca di Punta Mozza.
Vue de Bocca di Punta Mozza.

Quant à celui de ma cousine, il pesait moins de 13 kg. Sûrement inquiète, elle avait décidé de ne pas trop se surcharger. Le fait que je porte 7kg de plus qu’elle ne l’a pas gêné outre mesure. J’avais environ 3,5 L d’eau à consommer, dont une poche à eau de 3 L et une gourde de 0,75L.

Concernant les changes pour la partie vêtements : trois tee-shirt, un pantacourt et un short, une veste, trois paires de chaussettes, trois soutien-gorge de sport (2 Shock Absorber + 1 brassière Nike) et shorty Shock Absorber X1 + 2 culottes.

Pour la nuit, concernant les nuits fraîches, sur les conseils d’un ami qui avait fait la partie Nord du GR20, j’avais prévu une tenue de pyjama comprenant un tee-shirt léger, un petit sous pull avec col roulé, un legging chaud, une paire de chaussette de ski en Teflon, une écharpe.

Même avec cette tenue, j’ai réussi à avoir froid dans certains refuges ou en tente quand j’étais à plus de 1.800 mètres d’altitude dans la partie Nord du GR20 et quand le temps tournait à l’orage, ou que c’était couvert. Je possédais également un poncho en cas de pluie.

Pour les chaussures, je suis partie avec le modèle Magma aquamax de McKinley avec une semelle Vibram pour la randonnée et une paire de tong pour soulager les pieds quand j’arrivais dans les refuges.

J’ai transporté la tente durant les quatre premières étapes. Ma cousine l’a porté les étapes suivantes.

Nous sommes arrivées à Calvi le dimanche à 10H30. Il nous restait donc à acheter un réchaud avec la recharge de gaz pour démarrer notre GR20. Nous avons malheureusement emprunté la mauvaise route et le SPAR au coeur de Calenzana était fermé le dimanche après-midi. Mais l’accès à un réchaud à gaz est disponible dans quasiment chaque refuge dès lors que le gardien accepte d’allumer le gaz ! Donc nous avons pu trouver du gaz chaque jour pour préparer nos repas. J’avais prévu un set en aluminium pour deux pour le camping, afin de préparer à manger. Il comprenant une casserole, une poêle, deux assiettes, deux tasses en plastiques.

Pour la nourriture, sans compter quelques repas pris en refuge et les grignotages dans la partie Sud du GR20, nous mangions du lyophilisé (TREK’N EAT : Food for your outdoor life, comprenant des petits déjeuners, des plats, des desserts…), plus économique, rapide et plutôt bon. J’avais prévu de nombreux repas lyophilisés pour deux nous permettant de tenir 5 – 6 jours sans avoir à acheter à côté. Puis un nombre conséquent de barres de céréales (Nature Valley : Avoine & miel, Avoine & Chocolat noir, Avoine & Cramberries, Avoine & Beurre de cacahuètes et d’autres types de barres de céréales) nous permettait de tenir quasiment la totalité du GR20, mais ma cousine a refusé d’emmener la totalité. Avec ce qu’elle avait emmené, cela nous a permis de tenir environ 10 jours sans racheter de barres de céréales.

J’avais prévu de consommer un repas en refuge lors des étapes ou nous parcourions à minima 6h30 de marche par jour. Soit 7 repas sur l’ensemble du GR20 (Petit déjeuner, déjeuner ou dîner). J’ai voulu consommer certains repas dans les refuges afin de profiter aussi de ce que les refuges proposent, et de l’esprit convivial autour de la table entre randonneurs, et cela me permettait de varier un peu la nourriture et de ne pas manger du lyophilisé tout le temps.

J’avais pris également quelques fruits secs que j’avais stocké dans des petits sacs de congélation comprenant des amandes, cramberries, cajous, raisins, graines de courges de la marque Bénenuts : Plaisir Brut Non Salé.

J’avais également une housse de transport pour l’avion qui servait également de housse de pluie pour mon sac de randonnée, une casquette, une trousse de secours (McKinley SANI-FAM), avec pas mal de pansements pour les ampoules qui ont été mes amies durant les premières étapes du GR20, une couverture de survie, des pastilles purificatrices.

Avez-vous eu de la neige ? Si oui, comment ça s’est déroulé ?

Je me suis renseigné auprès d’une personne qui avait effectué le GR20 mi-mai, qui m’a dit d’aller consulter la page Facebook GR20 Corse ou des articles sont publiés de temps en temps concernant l’obligation de se munir de crampons et ou piolet pour certaines étapes. Le dernier article posté concernant l’enneigement datait de fin Mai, j’effectuais le GR20 après la mi-juin, les crampons n’étaient déjà plus nécessaires pour les étapes en haute altitude. Je n’avais donc pas prévu d’équipement concernant l’enneigement sur le GR20.

Aucune étape n’était totalement enneigée, seuls quelques névés persistaient aux abords du sentier à l’étape 4 d’Ascu Stagnu à Tighjettu. On pouvait distinguer quelques névés au loin sur les montagnes dans les étapes du Nord du GR20, mais aucun ne posait problème sur le sentier.

Tes impressions … positives :

La beauté des paysages, et leur diversification donne l’impression de parcourir tous les pays du monde. C’est vraiment magnifique, on en prend plein les yeux à chaque étape. J’ai passé un superbe moment, et j’ai des souvenirs plein la tête ainsi que de nombreuses photos. Cela a été un réel plaisir de se retrouver en totale immersion dans la nature, dans le lieu de vie de nombreux animaux. Quel bonheur également d’atteindre un point culminant et d’avoir en récompense une magnifique vue et des paysages grandioses.

Promontoire d’Arghjova
Promontoire d’Arghjova

La marche toute seule lors des premières étapes m’a permis de réfléchir, de renforcer mon mental et d’être au calme.

Le départ au petit matin, juste avant que le jour se lève, quand il fait encore frais. Ce qui permet en l’espace de moins de 10 minutes, de voir le lever du jour et de voir les rayons de soleil habiller les vallées, les montagnes.

Le moment de convivialité lors du petit déjeuner très matinal avec les lève-tôt que l’on retrouve à la cuisine, de faire bouillir une grande quantité d’eau pour plusieurs personnes afin de savourer un bon petit thé/café et un lyophilisé de muesli aux céréales complètes avant de débuter la journée.

Le temps juste magnifique. Il faisait beau mais pas trop chaud, sauf en arrivant vers le Sud ou on ressentait que les températures commençaient à monter rapidement dès le matin. Bien sûr il faut avoir de la chance. Il y a eu un peu pluie, mais dans l’ensemble, j’ai eu de la chance.

Une vache des montagnes corses aperçue tôt le matin après être parti du refuge d’Ortu di u Piobbu
Une vache des montagnes corses aperçue tôt le matin après être parti du refuge d’Ortu di u Piobbu

Les rencontres que j’ai pu faire ; la plupart des gens étaient vraiment sympas et gentils. On s’arrête souvent discuter avec les gens que l’on croise, et on rencontre vraiment des gens intéressants.

Impressions … négatives ?

Ce qui m’a le plus déçu sur cette aventure, en fait, c’est la personne avec qui j’ai effectué le GR20. Elle a été d’une humeur désagréable en plus de ne pas avoir le sens du partage, comme la veille du départ pour la répartition du poids des sacs. Une personne égocentrique qui n’a eu aucun scrupule à me laisser porter 22 kg au début du GR20 dans les parties Nord pour porter quand a-t-elle seulement 15 kg. Sur cette aventure, c’est moi qui ait quasiment tout organisé, fourni et porté l’ensemble des équipements. Avec un sac beaucoup plus léger, il est évidemment plus facile d’effectuer une randonnée. Elle a donc décidé de ne pas m’attendre et c’est comme ça que l’on s’est retrouvé à marcher chacune de notre côté. Son comportement a éclipsé tous les petits tracas que j’ai pu rencontrer sur le GR20.

Je vais quand même parler des ampoules que j’ai eues dès la première étape et qui m’ont fait souffrir pendant une bonne semaine.

Après, j’ai trouvé le comportement de certains gardiens de refuge relativement désagréable, comme le refus d’allumer le gaz afin de nous pousser à consommer un repas préparé par leurs soins, technique qui ne marche pas avec moi. Ou de mettre de côté les randonneurs qui ne consomment pas chez eux mais qui veulent manger en compagnie des autres avec leurs repas lyophilisés.

Ton coup de coeur n°1 ?

Les paysages évidemment, tous plus surprenant les uns que les autres. C’est juste incroyable de pouvoir voir ces paysages en ne pouvant les atteindre qu’à pied. Et également conjointement l’aventure humaine que j’y ai vécue, j’y ai rencontré des gens formidables. J’ai vécu des moments uniques et inoubliables.

minéralité absolue ; tout autour un décor de montagnes à la fois belles et austères
minéralité absolue ; tout autour un décor de montagnes à la fois belles et austères

Un message à faire passer ?

Aux personnes que j’ai rencontrées sur le GR20, qui, dès les premières étapes se sont souciées de moi et m’ont soutenu à la vue de la lourdeur de mon sac. Je me souviens de chaque moment où j’ai rencontré une personne sur le GR20, qui a contribué à la réussite de mon GR.

Photo avec une partie de l’équipe après avoir franchi le point culminant du GR20 à la pointe des Eboulis à 2607 mètres.
Photo avec une partie de l’équipe après avoir franchi le point culminant du GR20 à la pointe des Eboulis à 2607 mètres.

Je remercie encore et je ne les remercierais jamais assez je pense, l’équipe de Marseillais (Claude, Ramon, Christian, Christophe, David, Didier, Fred, Jean-François le boss, Patrick et Romain) que j’ai rencontré à partir de l’étape 2 et avec qui j’ai pu partager ce GR jusqu’à E Capanelle. Des personnes avec un coeur en or, qui m’ont soutenue, aider tout du long. Leur bonne humeur a égayé tout mon parcours et m’a fait passer une formidable aventure que je ne suis pas prête d’oublier et eux aussi d’ailleurs, « Bééééééé ». Ainsi que Jean-François et Richard avec qui j’ai parcouru de nombreuses étapes en partant de bons matins. Votre présence à tous durant ce GR m’a permis de passer une très belle aventure. Cela m’a permis d’oublier le poids que je portais.

Je tiens aussi à remercier les personnes qui m’ont aidé à préparer mon GR20, dont Laurent qui a d’ailleurs fait son retour d’expérience sur votre blog il y a peu de temps, pour ses conseils, ses avis, ses astuces sur les équipements que j’avais l’intention d’emmener. Puis d’un ami, qui avait fait la partie Nord du GR20 il y a environ 3 ans, pour son aide, conseils et avis également.

Et également toutes les personnes adorables rencontrés dans les refuges, qui m’ont soigné, que ce soit mes ampoules récalcitrantes au début du GR20, ou encore pour les massages dont j’ai bénéficié de la part d’un sympathique randonneur.

Clin d’oeil au gérant de l’épicerie sur la photo ci-dessous, le Monsieur en haut à droite sur la photo portant un vêtement blanc, qui est d’une gentillesse indescriptible. Sa petite épicerie est composée de nombreux produits variés, dont des produits frais et locaux. Le gérant donne de nombreuses informations et conseils. Il apporte son aide aussi généreusement que possible.

L’équipe de Marseillais à Vizzavona devant la petite épicerie juste à côté de la gare
L’équipe de Marseillais à Vizzavona devant la petite épicerie juste à côté de la gare

N’hésitez pas à y faire un tour, la gentillesse de ce Monsieur donne foi en l’humanité.

Tes étapes et refuges préférés ?

Difficile de choisir entre toutes les étapes, tellement de belles choses se trouvent sous nos yeux à chaque instant. J’ai bien apprécié la première étape, au fil des heures en prenant de l’altitude, on distingue de superbes panoramas sur la côte, puis on s’attaque à une barre rocheuse par la suite. Les divers paysages se dessinent au fil de nos pas. Je trouve ça vraiment formidable.

Mes refuges préférés sont celui de Tighjettu, avec un gardien d’une gentillesse indescriptible, son assiette de charcuterie est à tomber par terre tellement elle est succulente ! Et celui d’I Paliri, ou le gardien est très serviable et très gentil, avec un bon repas servi le soir.

Comment ça se passe au refuge d’Asinau ? Les travaux, ça avance ?

Je peux décrire le refuge d’Asinau comme plusieurs petits bâtiments qui se rassemblent pour former une sorte de refuge.

Sous la grande tente, je n’y ai pas mis les pieds, mais il me semble que c’est ici que sont servis les repas le soir et les petits déjeuners quand il n’est pas possible de manger sur les tables dehors en cas de mauvais temps. L’accueil a été correct mais sans plus. Il y a un gardien, qui lui possède un petit chalet tout neuf. On peut faire sa cuisine, mais c’est très sommaire, sous une petite cabane en bois, il y a 2 réchauds permettant de chauffer 4 casseroles.

Je n’ai pas vu d’avancement de travaux sur ce refuge. Il faut aimer les mouches par contre car il y en beaucoup surtout lorsque l’on mange aux tables dehors. Le système des douches et du lavabo à côté est très contraignant, c’est soit les douches qui fonctionnent soit le lavabo mais impossible de faire fonctionner les deux en même temps. Il faut raccorder le tuyau au robinet qui correspond.

Rien à dire sur les toilettes sèches, je trouve ça ingénieux. Point positif, il y a un miroir, très abîmé certes, mais il y en a un.

Un objet ou une astuce, qui fut pratique durant ton séjour et que tu pourrais partager ?

C’est indéniable, dès que je le pouvais, j’étirais mes genoux et chevilles avant de me coucher et au petit matin avant de démarrer, par prévention.

J’avais prévu des boules Quies. Cela s’est avéré très utile car certains ronfleurs ont un volume sonore très élevé.

Ce que j’ai trouvé pratique, c’est d’avoir prévu 3 fois 6 mètres de petites cordes qui me permettaient d’installer un fil à linge où je le souhaitais pour faire sécher mon linge.

fils à linge installés auprès de la tente au refuge d’E Capannelle.
fils à linge installés auprès de la tente au refuge d’E Capannelle.

Et je ne pars jamais sans, ce sont des petits sacs plastiques disponibles souvent en grande surface dans les rayons fruits et légumes, dont je me servais pour mettre mes petits déchets, en guise de poubelle. Car je ne supporte pas que l’on jette des détritus dans la nature. Ces petits sacs, je les emmène partout, à la plage, sur le GR20, dans les transports en commun.

D’autres conseils à partager pour nos lecteurs qui préparent leur GR20 ?

Si j’ai un conseil, pour ceux qui ne le font pas seul, c’est de bien choisir la ou les personnes qui vont partager cette aventure avec vous.

Et bien sûr de disposer d’un équipement correct, ne pas hésiter à y mettre le prix quand cela est possible pour éviter les surprises. Pour mon GR20, j’ai mis un prix convenable pour le sac de rando et j’en ai eu que des retours positifs pendant le GR20 et après. Mon sac était pourtant lourd mais en le portant certaines personnes n’avaient pas l’impression qu’il soit si lourd, de par sa qualité.

Une bonne préparation physique est nécessaire, il ne faut pas sous-estimer le GR20, ainsi qu’un très bon mental.

équipée suite à l’orage pendant la nuit à Ascu Stagnu, regard vers ce que je dois franchir pour atteindre le point culminant du GR20
équipée suite à l’orage pendant la nuit à Ascu Stagnu, regard vers ce que je dois franchir pour atteindre le point culminant du GR20

Si tu envisageais de refaire le GR20 un jour, changerais-tu quelque chose ?

A peine rentrée, et même pendant le GR20 je songeais déjà à le refaire vu comment cela s’est déroulé avec la personne qui est venue avec moi. J’ai même regretté de ne pas l’avoir fait toute seule, cela m’aurait évité de porter la tente, la nourriture pour une autre personne et m’aurait permis d’avoir un sac moins lourd.

D’ici 4 ou 5 ans je vais le refaire, avec une préparation physique plus importante. Le mental, ce n’est pas un problème pour moi. Et surtout, je le referai soit seule, soit avec des personnes qui ont le sens de l’aventure en groupe, le sens du partage.

Et j’opterai également au fil de mes randonnées, voire de mon futur GR20, pour prendre certains équipements de meilleure qualité.

Mis à part ces quelques points, je ne changerais pas grand-chose à mon aventure. Cela m’a permis de rencontrer des personnes formidables tout au long de mon parcours.

Si les personnes qui effectuent le GR20 ont le temps, c’est de joindre après cette randonnée quelques jours de vacances à la plage dans le Sud de la Corse, petit clin d’oeil pour la tour génoise qui domine la belle plage de Fautea, qui se situe sur la commune de Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio. Ou encore la superbe plage de Santa Giulia, dépaysement assuré !

Envie de rajouter quelque chose ?

Un très grand merci aux personnes qui m’ont permis de réussir ce GR20 et de passer une aventure inoubliable.

arrivée au point culminant du GR20, après que la randonnée se soit transformé en parcours d’escalade très éprouvante, avec un vent bien présent.
arrivée au point culminant du GR20, après que la randonnée se soit transformé en parcours d’escalade très éprouvante, avec un vent bien présent.

Merci à vous également pour m’avoir donné l’occasion de partager mon expérience.

Merci à toi Sarah pour ton retour d’expérience ! Et en espérant que les relations s’arrangent un jour et vous permettent peut-être d’en rire dans quelques années 😉

En tout cas, il est très vrai que la difficulté du terrain peut engendrer des tensions, voire de grosses engueulades, et d’autant plus souvent avec les personnes dont on est très proche. Le choix de son / ou de ses partenaires, pour une telle aventure, n’est effectivement pas toujours évident.

Bon weekend et bonnes randonnées à toutes et à tous !

Merci Sarah.

Une réponse à “Sarah originaire de Normandie – GR20 complet en autonomie”

  1. Bonjour Sarah.

    Super récit de ton GR20 parce que c’est bien toi toute SEULE qui l’a fait avec ton sac à dos, ton mental et ton sourire. Nous les Marseillais, on n’a fait que t’apporter soutien et rigolades. Le GR20 se mérite et c’est que du plaisir.

    Au prochain GR. Bises de l’équipe. Romain

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