Jean-Baptiste de Lyon – son GR20 – juillet 2018

Bonjour Jean-Baptiste, peux-tu te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Jean-Baptiste, j’ai 31 ans et je vis à Lyon depuis toujours, ou presque (j’ai notamment vécu une année à New Delhi).

Arrivée à Conca - Jean-Baptiste
Arrivée à Conca – Jean-Baptiste

Je travaille dans un cabinet d’administrateurs judiciaires et plus particulièrement dans la prévention des difficultés des entreprises pour éviter les dépôts de bilan. La randonnée est donc pour moi une échappatoire à une vie professionnelle assez stressante.

Je ne me présenterais pas comme un grand sportif mais plutôt comme un touche-à-tout qui aime être à l’extérieur et particulièrement en montagne.

C’est pour cela que je pratique la course à pieds en ville à Lyon pour garder la forme, le trail et le VTT autour d’Annecy pour le cardio, et la randonnée et le ski dans les Alpes pour me vider la tête le week-end.

Déjà expérimenté en randonnée ?

Oui, j’ai une petite expérience en randonnée.

J’ai commencé à marcher très jeune car mon père nous emmenait avec ma sœur passer du temps en été à Valmorel, une station de Tarentaise en Savoie.

J’ai toujours gardé cette passion de la randonnée car cela reste pour moi la meilleure combinaison de sport et de relaxation.

Cela m’a notamment conduit à aller randonner dans les différents massifs alpins français ainsi qu’en Norvège et au Népal.

Je ne suis pas pour autant très régulier et je dois faire entre 6 et 7 randonnées par saison, soit à la journée, soit en itinérance sur 2 à 4 jours.

Peux-tu nous conseiller quelques randonnées ?

Comme je le disais auparavant, j’ai appris à randonner à Valmorel, et donc ma première randonnée, celle des crêtes de crève-tête, a pour moi une saveur particulière, je la refais presque chaque année !

Crête - GR20
Crête – GR20

C’est une boucle qui part de la station de Valmorel avec un dénivelé positif de 1000 mètres et qui permet de marcher en forêt, en alpage et en crête avec une très belle vue sur le Mont Blanc et sur la vallée des Bellevilles.

Quid de ton GR20 : à quelle période, quel itinéraire, en solo ?

J’ai fait mon GR20 en solitaire au début du mois de juillet 2018, du nord au sud, donc de Calenzana à Conca.

J’envisageais au départ de le parcourir en 10 jours, mais je m’étais laissé une marge de sécurité de 3 jours supplémentaires pour calmer le rythme en cas de petite blessure, de fatigue ou de mauvais temps.

Au final, j’ai bouclé les 16 étapes en 8 jours.

Corse & paysages
Corse & paysages

Quel était le contexte de vouloir faire le GR20 ? Une préparation spécifique ?

Le GR20 était un de mes objectifs de grande randonnée depuis une dizaine d’année, mais difficile de trouver deux semaines de vacances à consacrer au GR20 alors que ma copine n’est pas une grande fan de randonnée.

Du coup j’ai profité d’un changement de travail pour me lancer.

Cela a été très rapide, dès que j’ai connu la date de départ de mon ancien travail j’ai pris mes billets d’avion pour la Corse et un mois plus tard j’atterrissais à Calvi !

Monte Incudine
Monte Incudine

Vu la rapidité de l’organisation et la période choisie, j’avais décidé de partir seul, pour me vider la tête et pour décider de mon rythme de marche sans avoir à composer avec le rythme de quelqu’un d’autre.

Ça, c’était le plan, car en réalité je n’ai marché vraiment seul que sur les deux premières étapes, ensuite j’ai sympathisé avec d’autres marcheurs qui avançaient au même rythme que moi et qui se sont révélés être de belles rencontres !

Au niveau de la préparation je n’ai rien fait de particulier en dehors de mon activité habituelle à savoir entre 2 et 3 heures de running ou de trail et quelques exercices de gainage par semaine.

Quel équipement avais-tu emporté ?

Mon objectif était d’être quasi autonome tout en étant le plus léger possible, soit l’équation impossible à résoudre.

Au final, je suis parti avec un sac à dos de 60+10 litres de 2 kg, ce qui est une erreur, je pense qu’une contenance d’environ 50 litres est amplement suffisante.

J’avais avec moi une tente 1 place assez légère, un tapis de sol et un duvet.

Bivouac
Bivouac

Pour la nourriture j’avais un réchaud et une popotte avec 8 repas déshydratés et des barres énergétiques. Je regrette d’avoir emmené ces repas déshydratés parce que tous les refuges sont assez bien fournis en ravitaillement, et c’était donc un poids superflu d’un kilo que j’avais emmené.

Pour l’eau j’avais une poche à eau de 2 litres plus deux flasques souples de 0,5 litres. J’ai trouvé ce volume d’eau adapté au parcours et le Camelbak permet de s’hydrater régulièrement en petites quantités sans avoir à s’arrêter.

Enfin pour les vêtements, j’avais une paire de chaussures de randonnée montantes cramponnables et étanches, deux paires de chaussettes, trois boxers, trois t-shirts techniques, une doudoune, un coupe vent déperlant, une paire de gants, une casquette, un short et un pantalon.

Mon sac à dos au départ pesait ainsi 15 kg au départ de la randonnée (dont 3 kg d’eau).

Encore des névés sur le parcours ?

Oui j’ai rencontré 5 névés entre Manganu et Petra Piana, cela n’a pas posé de difficultés en marchant doucement et en assurant bien chaque pas.

Tes impressions positives :

J’ai trouvé que l’ambiance entre marcheurs était vraiment très positive, presque tout le monde joue le jeu, on est en montagne avec des passages réellement dangereux et j’ai ressenti une réelle bienveillance générale. Tout le monde fait part de son expérience sur le parcours, des refuges et bergeries à éviter ou au contraire où s’arrêter absolument, les points de vue à ne pas manquer, les passages techniques … Les échanges entre les marcheurs nord-sud et les marcheurs sud-nord sont particulièrement enrichissants !

Pause café
Pause café

C’est notamment comme cela que j’ai marché avec différents groupes presque tout le long de mon GR20.

Une autre bonne surprise a été le peu de monde à une période (début juillet) que je pensais beaucoup plus chargée, il m’est arrivé souvent de marcher 2 à 3 heures seul sans croiser ou rattraper quelqu’un !

Bazetta Matalza
Bazetta Matalza

Enfin, la diversité des paysages a été une belle découverte.

Des impressions négatives ?

Le seul point négatif que je relèverai est la présence de touristes peu courtois dans les zones proches des routes.

Cela me met dans une colère noire quand des gens qui marchent en crocs ou en espadrilles ne répondent pas à un bonjour ou ne laissent pas passer des marcheurs qui montent avec 20 kg sur le dos.

La montagne est l’un des derniers espace de civilité et il faut tout faire pour qu’il le reste !

Ton plus gros coup de cœur ?

La longueur des étapes, je ne suis pas un marcheur rapide mais je peux marcher longtemps.

La possibilité de doubler voire tripler les étapes m’a permis de faire des journées allant jusqu’à 13 heures de marche, c’est un bon défouloir et cela permet de vraiment en prendre plein les yeux dans la même journée.

bergerie-corse-jean-philippe
Bergerie

Mon coup de cœur a été la traversée des pozzines sur l’étape entre Usciolu et Asinau.

Ton étape préférée ?

Mon étape préférée est celle ralliant Ciottulu di Mori à Manganu, parce que malgré sa longueur c’est la première étape vraiment roulante depuis le départ et cela fait du bien de lâcher un peu un peu les chevaux sur un sentier moins technique.

lever-du-jour
Lever du jour

En plus les innombrables vasques naturelles de la rivière qui longe le sentier sur les 2 première heures sont magnifiques et permettent de bien se rafraichir (eau à 8 degrés début juillet !)

Un message de remerciement ?

Un grand merci à Baptiste, Sophie et Bertrand avec qui j’ai marché au cours des derniers jours pour avoir bien imprimé le pas de marche et m’avoir poussé à garder le rythme malgré ma petite déchirure musculaire.

As-tu eu une astuce à partager ?

J’ai fait des étirements à la fin de chaque journée, après avoir oublié de les faire le premier soir et l’avoir payé très cher le lendemain ! Cependant, même avec les étirements, il m’a fallu prendre un petit doliprane certains matins le temps de réchauffer les muscles et les articulations.

Sinon les boules Quiès, que j’emmène toujours quand je dors en tente, sont indispensables, et avec la fatigue m’ont permis de faire des nuits quasi ininterrompues de 8 heures à chaque fois (entre 21h et 5h environ).

D’autres conseils pour les lecteurs qui préparent leur GR20 ?

Vraiment travailler le poids du sac quitte à payer un peu plus cher pour s’approvisionner en refuge.

Sinon l’option de location de tentes prémontées avec matelas dans les refuges est une bonne solution pour économiser 2 à 3 kilos de tente et matelas !

Si tu envisageais de refaire le GR20, changerais-tu quelque chose ?

Je pense que je partirais avec des amis pour leur faire découvrir et que je le ferais plus lentement pour plus profiter des zones de baignade mais je garderai le sens nord-sud pour commencer par le plus difficile.

Pause baignade
Pause baignade

Et bien sûr je partirai avec un sac plus léger !

Envie de rajouter quelque chose ?

Le GR20 a vraiment été un coup de cœur, tant au niveau de la beauté des paysages, que de la technicité du parcours, de l’intensité de l’effort et de la véritable ambiance montagnarde entretenues avec les autres marcheurs.

Lever du soleil - GR20
Lever du soleil – GR20

Un grand merci Jean-Baptiste ! Tu résumes de nombreux bons conseils dans ton retour d’expérience, et je te souhaite effectivement de revenir entre amis, c’est une toute autre aventure, aussi belle à partager !

A bientôt !

A vous de laisser un commentaire !