Jean-Baptiste de Liège (Belgique) – GR20 nord fin mai / début juin

Bonjour Jean-Baptiste, peux-tu te présenter s’il te plait ?

Je m’appelle Jean-Baptiste, je viens d’avoir 31 ans. Je suis papa de deux petits jumeaux de 2 ans et demi. Je viens de Belgique près de Liège. Je suis passionné par la randonnée depuis 3 ans maintenant même si j’ai toujours aimé ça. J’ai été scout pendant 20 ans, que ce soit animé comme animateur. Je pratique le crossfit de manière presque quotidienne depuis avril 2019.

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Donc déjà expérimenté en randonnée ?

Durant les années aux scouts, nous avions des « hike survies » comme on appelait ça. On partait trois jours et nous avions approximativement 70-80 km à faire. Mais j’avoue qu’à l’époque, le jeu était de faire du stop pour arriver plus tôt et se la couler douce.

Ma première longue randonnée s’est faite en Roumanie dans les Carpates. Nous avons marché 90 km en 5 ou 6 jours. La chaleur était terrible. Il nous est arrivé de marcher sous 42 degrés. J’étais responsable du groupe de scouts avec qui j’étais. Il fallait donc veiller à ce que tout se passe bien, que tout le monde suive, car plusieurs d’entre-eux n’avaient pas du tout d’expérience.

J’ai ensuite eu une expérience alpine où j’ai fait un 4.000 m dans le Valais en Suisse.

Ensuite j’ai décider de me lancer dans la randonnée vraiment avec quelques potes. Nous avions pour objectif de faire le GR20 en 2019 pour mes 30 ans. Nous avons donc prévu une randonnée de 4 jours dans les Vosges pour un peu prendre nos marques et savoir si le délire nous plairait vraiment. Résultat des courses : on a adoré !

Nous voilà en 2019, l’année de mes 30 ans. Malheureusement, mes amis ne savent pas se libérer. Je me dis que je vais partir seul finalement jusqu’à ce qu’un autre ami me dise qu’il est super intéressé et son faire aussi. Nous voilà donc parti à 3 pour faire la partie nord du GR20.

Peux-tu nous conseiller quelques randonnées ?

Comme dit précédemment, nous avons fait une partie du GR des Vosges qui nous a vraiment bien plu. Nous étions partis de Ribeauvillé jusqu’à Colmar. De superbes décors aussi.

Plus près de chez moi, un ami m’a conseillé la Marche du Souvenir (en référence à la seconde guerre mondiale). Elle part des Ardennes et remonte vers l’Allemagne.

Quid de ton GR20 : à quelle période, quel itinéraire ? Accompagné ?

Nous sommes partis le 24 mai jusqu’au 3 juin. Nous étions donc trois : moi, avec une légère expérience, un de mes ami avec un gros bagage rando (alpi et escalade), et son frère avec le même bagage mais moins aguerri. Nous avons fait le GR dans le sens nord-sud. Nous sommes partis de Calenzana jusqu’à Vizzavona. Nous n’avons fait que la partie nord du sentier.

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Quel était la démarche de vouloir réaliser le GR20 ? Une préparation spécifique ?

Je m’étais fixé comme objectif de faire le GR20 pour mes 30 ans. J’y pensais depuis que j’en avais 16 ou 17 peut-être.

Je me suis un peu préparé mais je me suis un peu laissé aller j’avoue. Je venais à peine de reprendre le crossfit (j’avais fait 5 séances je pense) et je suis allé courir une dizaine de fois peut être. Aussi, j’ai marché deux fois deux heures avec mon sac au dos et un poids de 13 kg. Nous avions réservé les billets d’avions vers le mois de février.

Quel équipement avais-tu emporté ?

J’avais un sac de chez Décathlon de 50L. J’avais deux gourdes d’un litre chacune mais pas de poche d’eau. J’avais une tenue complète pour me changer. Si j’étais mouillé, je changeais le soir et je faisais sécher au refuge. Mes chaussures sont des Meindl à tiges hautes. J’en suis super content. Peut-être un peu lourdes pour quelqu’un de léger mais hyper résistantes. Elles ont 5 ans et elles ont à peine pris une ride sur le GR20.

Nous sommes partis avec deux tentes. Elles faisaient 1.6kg (MSR) et 1.8kg (Vaulde). Pas de réchaud pour nous.

Nous avions du pain, du saucisson et du fromage. Un repas en sachet mais nous l’avons utilisé au déjeuner du premier jour histoire d’en avoir dans les pattes pour faire cette première étape bien longue. Des fruits secs et des Balistos jusqu’à la moitié, ensuite on a racheté quelques produits similaires dans les refuges. Le soir, nous mangions systématiquement dans les refuges. Attention, il ne faut pas arriver trop tard sinon il risque de ne plus y avoir à manger.

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Avais-tu pensé à l’aspect Sécurité en préparant le GR20 ?

Pour la sécurité, nous avions pris crampons et piolet mais pas de corde. J’avais confiance en mes partenaires et je donnais des nouvelles sur mon évolution tous les soirs sauf un où je n’avais pas de réseau. J’avais prévenu mon épouse que si elle n’avait pas de nouvelle de moi après 72 heures elle devait prévenir directement les pompiers (rires).

Encore des névés sur le parcours ?

Nous avons eu de la neige pour la première fois entre Carrozzu et Asco mais rien de terrible. Bonnes chaussures et bâtons de marche (indispensables à mon sens pour faire le GR20) et ça passait crème.

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Ensuite pour monter de Asco vers le cirque de la Solitude, le dernier 1/3 était enneigé. Pour descendre dans le cirque, c’était dégagé mais par contre, pour en sortir, c’était de la neige sur les ¾ du parcours. Honnêtement, j’ai un peu serré les fesses même après avoir mis les crampons et sorti le piolet.

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Les dernières neiges étaient l’étape qui mène du refuge de Manganu à celui de Petra Piana, mais de nouveau, pas de quoi fouetter un chat. On pouvait sortir les crampons pas pur sécurité mais à mon sens la neige était trop molle.

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Quelles sont tes impressions… positives ?

Pour commencer : wahouuw ! Je n’ai pas d’autre mot. Il n’y a pas une étape où je ne me suis pas émerveillé de la beauté du tableau que nous prodiguait le GR.

J’avoue que le premier jour, j’ai eu un peu peur, je n’arrivais pas à trouver mon rythme j’ai eu des contractures aux quadriceps assez vite après le milieu d’étape. J’ai vraiment eu peur d’avoir fait une erreur.

Mais le deuxième jour m’a rassuré et la suite n’a été que du bonheur. Les genoux ont bien tenu le coup malgré un sac trop lourd à mon goût (16-17kg).

Au niveau du mental, je ne me tracassais pas, nous étions trois mecs positifs qui savions relativiser en cas de pépin. Et si jamais nous avions un coup de mou, on se faisait une chanson des Back Street Boys ! Ça remettait du beaume au cœur. D’ailleurs, quand on descendait vers Vizzavona, nous chantions et nous avons croisé un autre groupe, ils ont chantonné avec nous tout en nous croisant et sans s’arrêter. J’ai trouvé ça génial et nous en avons ris bien longtemps.

Nous nous sommes fait plusieurs connaissances sur le GR, surtout un groupe de trois français (Arnaud et son chien, Adrien, et Quimper), s’ils lisent ceci : « Salut les gars et au plaisir ! »

Nous avons eu des accueils chaleureux dans tous les refuges, sauf à Ciottulu di i Mori et Petra Piana où c’était un peu plus spécial. Le premier refuge, je ne saurai pas vous dire car il n’y avait toujours rien sur place malgré les dires des gardiens du parc.

Impossible de parler des refuges sans parler de Charly de ses pâtes de son accueil, de ses anecdotes, ses conseils et surtout son alcool de myrtes au vaporisateur ! Énorme franchement. Et aussi des lasagnes du refuge de l’onda ! Un délice.

Du négatif ?

Après avoir fait le cirque, nous avons passé la nuit à l’étape 4 à Tighiettu et le lendemain, nous sommes repartis faire le Monte Cinto… malheureusement à 5 minutes du sommet, un gros nuage, de la pluie et beaucoup de vent nous sont tombés sur le coco. Nous avons dû faire demi-tour par mesure de sécurité puisque la météo annonçait un orage depuis 48 heures et celui-ci n’était pas encore arrivé. A 2.600 mètres, on a d’autres envies, je vous assure.

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Aussi non, parfait ! Je ne demande qu’à y retourner.

Ton plus grand coup de cœur ?

Le cirque, pour ma satisfaction personnelle. Les décors aussi sans aucun doute.

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Et les relations humaines qui redeviennent le centre de la vie. Ça fait du bien.

Étape et refuge préféré ?

Comme je l’ai dit plus haut, l’étape 4 chez Charly après le cirque ou le Monte Cinto et le refuge de l’Onda.

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Pas sûr le GR, mais à Vizzavona, le Camping du Soleil est vraiment à recommander également pour passer la nuit et attendre un train.

As-tu eu une astuce à partager ?

Comme tout le monde le dit pratiquement, essayer d’avoir le sac le plus léger possible. Un couteau suisse aide en cas de besoin, nous avons eu une chaussure qui perdait sa semelle, nous avons pu, avec les moyens du bord, fabriquer une attache de fortune afin de pouvoir terminer l’étape.

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Ne pas arriver trop tard en refuge, car risque de ne pas avoir à manger. A Manganu, on a vraiment eu les fonds de fonds de casseroles et même pas de Pietra parce qu’il attendait le ravito depuis une semaine.

Un dernier conseil pour les lecteurs qui préparent le GR20?

Pas trop lentement, pas trop vite ! Juste le temps de profiter !

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Si tu envisageais de refaire le GR20, changerais-tu quelque chose ?

Je m’équiperais au fur et à mesure. J’aurais du meilleur matos l’année prochaine donc un sac moins lourd. La qualité (et le poids surtout), ça a un prix malheureusement.

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Envie de rajouter quelque chose ?

Profitez un max, et pas de pression, on est là pour passer du bon temps.

C’est très vrai Jean-Baptiste ! Savoir profiter, et un sac pas trop lourd : si ces deux composantes sont réunies, on a de fortes chances de commencer du bon pied 😊 Merci pour ton retour d’expérience très précis et tous tes conseils ! Reviens nous faire signe pour ta prochaine expérience ! A bientôt.

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