Pauline, alias Madame Bougeotte : son GR20 nord-sud en solo !

Bonjour Madame Bougeotte, peux-tu te présenter stp ?

Je suis Pauline de mon vrai nom… Je tiens un blog voyage MadameBougeotte.com depuis presque 3 ans maintenant. J’ai voulu me lancer dans l’aventure du blogging après mon année passée en Australie avec un Working Holiday Visa. J’avais envie de partager mes petites aventures, mes réflexions et parfois mes états d’âmes… J’aime voyager loin mais j’adore démontrer qu’on peut s’émerveiller juste en passant la porte de chez soi.

Actuellement (car rien n’est définitif), je suis Webmaster en Belgique. Mais je n’ai pas encore trouvé « mon job de rêve ». Peut-être blogueur professionnelle ? Mais je me pose encore beaucoup de questions sur ce métier et pour l’instant je n’ai pas suffisamment de motivation. Le boulot que j’ai accepté me prend énormément de temps et j’ai ralenti ma présence sur mon blog et mes réseaux sociaux. Mais je vais reprendre du poil de la bête et revenir en force et en bougeotte !

Concernant ton GR20, peux-tu nous en parler ? Logistique, sens du parcours, point de départ et d’arrivée …

J’ai parcouru le GR20 de fin juin à début juillet (2016). J’ai eu énormément de chance avec le temps ! 3 gouttes une après-midi, un nuage en haut d’une montagne et sinon, c’était juste parfait !

Je suis arrivée accompagnée de ma cousine qui devait normalement rester avec moi jusque Vizzavonna (à mi-parcours environ). Mais le Nord est rude. Après 5 étapes, elle a décidé d’arrêter à cause d’un genou en mauvais état et ce fut une sage décision. Repousser ses limites, c’est bien, mais il faut écouter son corps.

Je suis arrivée par avion depuis Lille jusque Bastia où j’ai pris le train pour rejoindre Calenzana. Pour être exact, il faut prendre la direction de Calvi, s’arrêter à camp Raffalli. Ensuite rejoindre Calenzana à pieds ou en stop. J’ai donc effectué le GR20 dans le sens Nord – Sud en 15 étapes, de Calenzana à Conca. Je l’ai donc parcouru sans stress, tranquillement en profitant de mes après-midis.

J’ai même fais un stop de deux jours à Vizzavona pour m’essayer au canyoning. Pour les gens un peu plus pressés, n’ayant pas beaucoup de temps, il est possible pour certaines étapes de doubler assez facilement je pense.

Quel était le contexte de vouloir faire le GR20 ? Une préparation spécifique ?

Le GR20, mon père m’en parle depuis que je suis une gamine. « C’est à faire une fois dans sa vie ! Un jour, je le ferai. » Et je lui ai toujours dit que moi aussi…

Finalement, je l’ai fait avant lui mais s’il se lance dans l’aventure, je l’accompagnerais volontiers. Quand je l’ai fini, je l’ai appelé, la gorge nouée pour simplement lui dire que j’avais réussi, que j’en étais capable et que je l’attendais pour le refaire avec lui ! On ressent une sorte de fierté et je ne savais pas que j’allais me sentir si émotive à la fin de ce GR.

En ce qui concerne la préparation, je dois vous avouer que c’était la première fois que je marchais en montagne sur une longue durée. Je ne suis pas une très grande sportive mais je pratique l’escrime. Ma condition physique est acceptable. Je pense que ce sport est assez exigeant pour les genoux et qu’ils étaient donc préparés à souffrir.

Quelques mois avant de partir en Corse, j’ai marché 11 jours sur le GR129 en Belgique. Il y a peu de dénivelé sur ce parcours, ce n’était pas très physique. En tout cas très loin des dénivelés du GR20 et des parois à grimper.

Mais cela m’a permis de tester mon matériel, voir ce que ça faisait de marcher pendant 8 heures d’affilée, de me lever tôt, de porter un sac. Après cette marche, j’ai d’ailleurs changé de chaussures. C’était peut-être un peu juste pour les casser avant mon départ mais c’était vraiment nécessaire.

Quel type de matériel avais-tu avec toi ?

J’avais un sac à dos Osprey Tempest 40L (adapté à la morphologie féminine et le plus léger de la gamme). Il a été un parfait compagnon !

Petite anecdote : La première fois que j’ai pesé mon sac, il était bien trop lourd, dans les 15 kg sans eau… Je l’ai légèrement vidé, on a équilibré avec ma cousine les affaires communes (comme les médicaments, les affaires de toilettes,…) mais je n’ai pas repesé mon sac ! Je ne voulais pas me faire peur. Quand ma cousine a arrêté, nous avons fait quelques petits échanges : j’ai échangé son sac de couchage avec le mien (le sien était bien plus léger !), je lui ai rendu un pantalon, un t-shirt, des médicaments. J’étais plus légère…

Parlons d’un élément important, les chaussures ! Je me suis rachetée des chaussures de randonnée avec haute tige et semelle dure de la marque Lowa. Le meilleur achat que j’ai pu faire. Bien sûr à chacun son style, certains s’en sortent très bien avec des chaussures de trail ultra légères. Pour ma part, je sais très bien que mes chevilles sont fébriles donc il leur fallait un soutien. Je n’ai pas eu d’ampoules mais n’oubliez pas que les pansements spécifiques pour ampoules peuvent vous sauver et qu’il est très intéressant de les mettre de manière préventive (je l’ai fait dans les premières étapes).

Je dormais en refuge ou en tente louée sur place, c’est un poids en moins. Je n’avais pas de réchaud, juste fourchette, couteau suisse pour les Pic-Nic sur la route. Au niveau de l’alimentation, j’avais pris quelques repas lyophilisés pour les premiers jours ainsi que des barres de céréales et des fruits secs. Ensuite, j’ai acheté au fur et à mesure. Il y a certains endroits mieux fournis que d’autres. C’est en discutant avec les randonneurs que je savais prévoir. J’ai également partagé quelques repas en refuges.

N’oubliez pas les bâtons, je n’y croyais pas trop mais ils soulagent vraiment les genoux en descente et votre cardio en montée.

Tes étapes et refuges préférés ?

Ça c’est compliqué comme question ! Il y a des étapes que j’ai beaucoup moins aimées comme celles autour de Vizzavona. Je les trouvais plus monotones. C’était plus plat. De plus, à Vizzavona, j’ai perdu de vue les randonneurs que j’avais rencontrés dans les premières étapes puisque je suis restée un jour de plus à Vizzavona. Du coup je me sentais assez seule mais ça m’a fait du bien d’un côté.

J’ai beaucoup aimé les étapes aériennes comme :

  • La première de Calenzana à Ortiu di u Piobbu (c’est peut-être lié à l’excitation des premiers jours)
  • Manganu à Petra Piana
  • De Prati à Usciolu
  • Les aiguilles de Bavella

Les refuges sont souvent très bien placés avec de magnifiques couchers ou levers de soleil comme à Carrozzu, E-Capanelle, la bergerie de Croci et encore d’autres. Ça vous donne la pêche pour marcher !

J’ai particulièrement bien apprécié l’accueil à la bergerie de Croci mais aussi le gardien de Tighjettu (qui vous offre la goutte en spray et dont les pâtes sont délicieuses… je n’en dirais pas plus !). Arrivée à U-Fugone, l’étape me parut longue et monotone, j’étais un peu découragée. Les gardiens furent très accueillants et ils m’offrirent même l’alcool de myrte.

Quelle a été ton astuce la plus importante ?

Prendre soin de mes pieds tous les jours. J’avais une crème pour jambes lourdes que j’appliquais tous les soirs sur mes petits pieds. Je n’ai eu aucune ampoule, c’est surement ce genre de petit désagrément qui peut foutre en l’air votre randonnée !

L’astuce importante à mes yeux, c’est le rythme. Chacun le sien ! Il ne faut pas à tout prix vouloir suivre le groupe si vous sentez que vous devez ralentir.

Faites votre GR20 à votre rythme pour votre plus grand plaisir !

Quelles sont tes impressions ?

Positives :

  • L’attitude des autres randonneurs : dès que tu es seule ou que tu te blesses, ils sont là pour t’aider ou te soutenir. Il y a vraiment une bonne ambiance. L’effort et la difficulté réunissent les gens !
  • Est-ce que je dois vraiment signaler que les paysages sont juste magnifiques ?!
  • On peut des fois avoir des pertes de motivation mais quand on arrive à un sommet, on ressent de la fierté et on reçoit de la force pour la suite !

Négatives :

Ce n’est pas si négatif que ça pour moi mais pour certains ça peut l’être, il y a tout de même beaucoup de monde sur la route (même si j’ai réussi à être seule !)

Si c’était à refaire, que changerais-tu ?

J’ai eu la chance de pouvoir alléger mon sac en cours de route quand ma cousine est partie. Supprimez un maximum l’inutile tout en se gardant les petites choses qui font que votre randonnée se passera pour un mieux. Oui ce n’est pas facile…

Aussi, je pense que j’aurais dû privilégier quelques fois la tente à louer plutôt que le refuge.

Quels conseils pourrais-tu partager avec nos lecteurs qui préparent leur GR20 ?

J’en ai dissimulés tout au long de l’interview mais pour faire un recap’ :

  • Bonnes chaussures.
  • Aller à son rythme et écouter son corps quand il vous dit de ralentir (ou d’arrêter).
  • Voyager léger.
  • Usez vos bâtons de marche pour préserver vos genoux.

J’ajouterais :

  • Choisissez bien votre partenaire de marche. Une personne avec qui vous vous entendez bien et avec qui vous n’avez pas peur de vous disputer un peu quand les temps seront durs.
  • La météo. J’ai eu énormément de chance de ce côté-là. Mais faites attention ! Ecoutez les gardiens quand ils vous disent de ne pas partir et prévoyez 2 jours de plus que prévu pour pouvoir vous arrêter une journée au cas où la météo serait catastrophique.
  • N’hésitez pas à prendre quelques variantes.
  • Se lever tôt pour profiter du lever du soleil, de la fraîcheur de la journée, de vos après-midi au refuge, pour avoir une douche chaude, pour plein de bonnes raisons !

Envie de rajouter quelque chose ?

Certains gardes de refuges peuvent vous paraître austères mais il faut gratter la croûte et vous verrez que ce sont tous des gens formidables.

Je me suis sentie si vivante et si bien à la fin de mon GR20 que je souhaite à tout le monde de le faire.

Un grand Merci Pauline … heu pardon, Madame Bougeotte !

D’ailleurs, pour la retrouver sur internet, retrouvez son site internet, sa page Facebook, l’article de son blog relatant son GR20, et maintenant, pour le bonheur de tous, sa vidéo :

A partager, sans modération ! 😉

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