Ophélie et Lucas de Annecy – Leur GR20 fin juillet 2018

Bonjour Ophélie, peux-tu te présenter ?

Salut à tous, je suis donc Ophélie, j’ai 22 ans, je suis née à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et aujourd’hui j’habite à Annecy, en Haute-Savoie.

Dans la vie je suis Photographe, c’était ma passion, j’en ai fait mon métier. Mon quotidien est donc très agréable ! A côté, je cours en montagne, du moins j’essaie – ou je me mens à moi-même car je ne suis pas rapide du tout donc on va dire que je sors prendre l’air plutôt 😉

Monte Cintu - Corsica
Monte Cintu – Corsica

Et je me suis mise un peu au vélo de route suite à une blessure au tibia l’an passé, le vélo m’a permis de me défouler sans avoir de douleur, après ça, je l’ai toujours gardé dans un coin prêt à reprendre la route pour varier mes sorties en extérieur.

Donc déjà expérimentée en randonnée ?

Petite, je faisais des randonnées avec mes parents, puis à l’adolescence on ne veut plus faire ce genre de choses, donc on ne marche plus, on broie du noir comme tous les ados, puis ça passe. On retrouve l’envie de sortir dehors, on enfile des baskets parce que c’est « cool » quelqu’un qui fait son footing en centre-ville – du moins, c’est ce que je me disais, et j’avais espoir de perdre du poids – ça c’est un échec cuisant 😉

La Corse
La Corse

Puis je suis partie en Haute-Savoie, mon petit copain de l’époque s’était mis au trail, je courais un peu, puis j’ai rencontré du monde, avec qui je faisais des footings au bord du lac d’Annecy, puis des sorties « trail » en montagne, et aujourd’hui j’en suis là 🙂

Peux-tu nous conseiller quelques randonnées ?

Il y a énormément de randonnées à faire dans mon département, des sommets allant de 1.000m d’altitude au Mont Blanc (4.809m altitude). Il y en a pour tous les niveaux, bien sûr le Mont Blanc est l’exception, mais il y a tellement de randonnées magnifiques à faire ici qu’il me faudrait une trentaine de pages de cet interview pour tout énumérer…

Ce qui est superbe, c’est qu’il y a le lac, la montagne, la ville, les stations de ski, autant d’activités possibles en un même espace.

Bien sûr, habitant Annecy, je pourrais vous parler de La Tournette (2.351m alt.), le Mont Veyrier (1.291m alt.), le Parmelan (1.856m alt.) etc. qui sont des sommets « connus » au bord du lac d’Annecy.

Il y a énormément de tracés de randonnées à trouver sur Internet, à faire en quelques heures, en une journée, ou en trek de plusieurs jours, vraiment pour tous les niveaux.

Et je pense que c’est réellement un département qui vaut le coup d’être visité.

Quid de ton GR20 : quelle période, quel itinéraire, accompagnée ?

Concernant le GR20, je l’ai fait avec Lucas, mon compagnon, début juillet 2018 (du 12 au 26 il me semble), du Nord au Sud, de Calenzana à Conca, et donc dans son intégralité.

Ophélie et Lucas - Arrivée du GR20 à Conca
Ophélie et Lucas – Arrivée du GR20 à Conca

Quel était le contexte de vouloir faire le GR20 ? Une préparation spécifique ?

J’ai rencontré mon compagnon début mars 2018, deux semaines après l’avoir rencontré, il me parlait de faire le GR20 avec lui, et bien sûr, j’ai dit oui.

crêtes et ombre - une belle fin de journée GR20
crêtes et ombre – une belle fin de journée GR20

Je ne me suis pas spécialement préparée pour cette randonnée, on a fait une mini randonnée d’1h deux semaines avant de partir pour tester le sac rempli et vérifier que tout allait bien.

Concernant les chaussures, j’ai eu beaucoup de chance car je n’ai pas fait beaucoup de sorties avec avant de partir, ce n’est pas un exemple à suivre ! Il faut absolument tester ses chaussures, les « casser » pour qu’elles se fassent à notre pied, c’est impératif car si on part pour 15 jours, il faut vraiment qu’il n’y ait rien à redire concernant les pieds, car c’est notre outil n°1 !

Quel équipement avais-tu emporté ?

Concernant l’équipement, j’avais pris un sac de randonnées Décathlon de 55L, il pesait 9 kg sans l’eau, et j’avais une poche à eau de 2L donc on peut dire que le sac plein faisait entre 11 et 12 kg selon les jours.

Corse - Entre mer et montagne
Corse – Entre mer et montagne

J’avais pris deux tenues de jours (short + tee-shirt) et une tenue de « bivouac » pour le soir (haut mérinos manches longues + legging).

Concernant les chaussures, je crois qu’il n’y a pas mieux pour faire ce GR20, ce sont des Adidas Terrex Skychaser, elles ont une accroche exceptionnelle, et elles ne sont pas mortes durant cette randonnée, ce qui est souvent le cas pour ce GR.

On est parti sans nourriture, juste de quoi se ravitailler (quelques barres de céréales salées), et on achetait dans les refuges quelques trucs à grignoter pour le lendemain. Le soir, on mangeait à chaque fois en refuge, par contre on dormait dans notre tente.

Zone de bivouac - GR20
Zone de bivouac – GR20

Encore des névés en cette fin juillet ?

Nous n’avons pas trouvé de neige sur le parcours, juste des névés en contre bas ou dans des failles, mais pas sur le parcours.

Névés de fin juillet - GR20
Névés de fin juillet – GR20

Tes impressions positives ?

On a eu une météo exceptionnelle, une seule averse en fin de journée à Castel di Vergio, mais on était au chaud au restaurant donc rien à craindre.

J’ai apprécié le défi de marcher autant de jours, et il y a avait une jolie entente entre les randonneurs.

Bien sûr, on passe dans des espaces magnifiques, avec de superbes paysages, et parfois on a la chance de voir la faune qui s’y trouve.

Spectaculaire - No comment - GR20
Spectacular – No comment – GR20

Des impressions négatives ?

Je vais essayer de ne garder que les impressions positives, car quand on se trouve sur le GR, on a plutôt les impressions négatives, car la longueur du GR peut affecter le moral.

Je ne dirais pas que c’est une randonnée « dure » je n’ai pas trouvé de réelle difficulté car tout se fait, il suffit d’aller à un rythme de croisière, et on arrive toujours à bon port.

En revanche, la répétition, la durée (13 jours pour nous), le manque de sommeil affecte réellement le moral, et arrivés à Conca, on n’est pas épuisé physiquement, mais on est épuisé moralement.

Descentes - attention aux genoux et aux glissades
Descentes – attention aux genoux et aux glissades !

Ton plus gros coup de cœur ?

J’ai réellement apprécié le faire avec mon compagnon, j’ai appris des choses de lui, et de moi-même, on s’est créé un binôme de soutien, et je pense que ce GR est à faire au moins à deux, il faut partager cette aventure, il faut la découvrir à plusieurs, découvrir l’autre, en bien comme en mal, rebondir et passer au-delà, et apprécier ensemble.

Départ à la fraiche - GR20
Départ à la fraiche – GR20

Ton refuge préféré ?

Je pense que mon refuge préféré a été Paliri, vers les Aiguilles de Bavella, car nous savions que nous allions finir le lendemain, et aussi la vue là-bas est superbe : ça vaut le coup de s’y arrêter.

Un message à passer à Lucas ?

Merci de m’avoir embarqué dans cette aventure.

Il y en a un qui semble heureux sur le GR20
Il y en a un qui semble heureux sur le GR20 😉

As-tu eu une astuce à partager ?

Juste, de prendre le temps de faire ce GR, car on a réellement apprécié arriver tôt en refuge (dans le Nord aux alentours de 12h) et de pouvoir profiter des lieux, du refuge, des rivières environnantes…

D’autres conseils pour nos lecteurs qui préparent le GR20 ?

Ne pas négliger la difficulté de ce GR, il demande quand même une certaine forme physique, et beaucoup de mental !

Envie de rajouter quelque chose ?

Merci pour cet interview, c’était sympa de reparler de ce GR.

J’écris ces mots le 12 août 2018, un mois pile après notre départ pour le GR, le 12 juillet 2018 – on était encore à Calenzana, et on ne se doutait pas de tout ce qu’on allait parcourir…

Passage en foret - GR20
Passage en foret – GR20

Un grand merci Ophélie pour ton retour d’expérience ! C’est très vrai, avant un GR20, on ne se doute pas tout ce qu’il va se passer, une aventure magique, et vous avez vraiment bien fait de prendre le temps, arriver tôt en refuge et profiter de cet instant présent, cela ne se raconte pas : cela se vit 😉

Bon weekend à tous !

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