Margot de Lille, étudiante à GEM Grenoble – Le GR20 en autonomie en Août

Bonjour Margot, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Margot, j’ai 22 ans et je suis originaire de Lille. Je suis étudiante en École de Commerce à Grenoble. Je suis très peu restée sur le campus de Grenoble, j’ai passé 1 année en Erasmus en Espagne, puis cette année je réalise une année de césure en entreprise.

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Je suis une grande sportive, j’ai fait de l’équitation pendant 10 ans, mais aussi du foot en équipe mixte puis féminine. Mais je suis surtout une grande passionnée de rando, que j’ai eu l’occasion de pratiquer durant mes divers voyages. Ayant grandi à la campagne, j’ai toujours été habituée à faire des balades dans la nature avec ma famille et notre chien. Puis je suis partie en road trip en sac à dos, accompagnée de mon copain, Romain. Nous avons parcouru les sentiers de Toscane, de Campanie mais aussi de l’Île d’Elbe en Italie. Ensuite, j’ai réalisé une bonne partie du sentier de St Jacques de Compostelle allant de Sevilla à Santiago. Dans tous mes voyages, je randonne. Je me sens très proche de la nature, et pour moi, découvrir les beautés de la nature à pieds, est la plus belle des façons de voyager. On oublie notre quotidien, la vie active et le stress. On découvre les merveilles de la nature.

Déjà donc bien expérimentée en randonnée !

J’étais déjà un peu expérimentée en rando. J’ai souvent suivi mon copain qui m’entrainait dans ses divers objectifs de voyage-rando.

  • Italie (Campanie, Toscane, Ile d’Elbe) : ascension du Monte Capanne à la journée (île d’Elbe), Sentiero Degli Dei (Côte Amalfitaine), Sentiero Azurro à la journée (Cinque Terre).
  • Chemins de Compostelle : Vía de la plata, entre Seville et Santiago. Plusieurs parties sur des weekends de 5 jours.
  • GR20 : De Conca à Calenzana, 15 jours de randonnée en autonomie complète.

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Peux-tu nous en conseiller certaines ?

  • L’ascension du Monte Capanne.
  • La rando du Sentier Azurro à Cinque Terre.
  • Les chemins de Compostelle.

Quid de ton GR20 ? A quelle période, quel itinéraire ?

J’ai fait le GR20 du 5 juillet au 19 juillet 2018. J’étais accompagnée de mon copain, Romain. Nous l’avons fait dans le sens Sud-Nord, en entier, de Conca à Calenzana.

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Quel était le contexte de vouloir faire le GR20 ? Une préparation spécifique ?

L’idée du GR20 est venue lors d’une discussion avec mon copain, pour prévoir et organiser nos prochaines vacances d’été. Nous sommes très attachés à réaliser des road trip dans différents pays, mais pour l’été dernier, nous avions envie de réaliser un défi, de vivre une expérience hors des sentiers battus, tout en pratiquant la rando en intensif durant plusieurs semaines. Mon copain rêvait de faire le GR20 depuis tout petit, car ses cousins et son oncle l’ont fait et lui en ont tellement parlé, qu’il trépignait à l’idée que j’accepte et que je le suive dans cette aventure. Pour ma part, j’ai toujours eu le désir de réaliser des randos plus techniques, sur de la plus longue durée. Petite, j’aimais beaucoup les challenges et je faisais souvent des courses d’orientation ou des cross. Ainsi, nous étions tous les deux d’accord pour nous lancer dans l’aventure, et découvrir les merveilles de la Corse vue d’en haut.

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Nous ne sommes pas spécialement préparés physiquement pour le GR, étant tous deux sportifs, nous ne voulions pas trop nous préparer en amont, pour pouvoir découvrir vraiment ce qu’était la difficulté du GR une fois sur le chemin. Nous avons cependant beaucoup préparé le voyage pour ce qui est matériel et organisation du parcours (en 15j ou moins ?). Nous avions cependant décidé de ne pas réserver à l’avance les refuges pour être libres d’aller plus vite sur une étape, ou alors de prendre plus de temps sur d’autres. Nous nous étions donc fixé 20 jours de voyage pour avoir le temps de profiter 1 ou 2 jours à Porto-Vecchio avant d’entamer le GR puis 3 jours à Calvi. C’était vraiment le top, car nous avons eu le sentiment de vivre l’aventure sans aucun stress, et de profiter avant et après des beautés de la Corse.

Quel équipement avais-tu emporté ?

Sac à dos Quechua 60L. Plus de 10kg, mais c’était une erreur, nous avions des sacs un peu trop lourds (nous aurions pu encore retirer des vêtements). Par exemple, j’ai quasiment mis tous les jours la même tenue sur le GR. J’avais pris 3 t-shirts et 2 pulls mais 1 t-shirts et 1 pull auraient été suffisants. En effet, je lavais mes vêtements tous les jours au refuge et comme il était très légers, ils séchaient très bien pour repartir le lendemain.

Camelbak 2L chacun.

Un conseil, ne pas en prendre de trop ! 1 pantalon anti-pluie, 1 short de sport collant, 1 brassière de sport, 2 t-shirts max, 1 bonne polaire, 1 Kway bien imperméable, 2 paires de chaussettes, des gants, un buff etc.

J’avais la journée un petit short collant qui me permettait le matin de mettre mon pantalon imperméable au-dessus, puis je le retirais au bout d’1 ou 2h de marche. J’avais également une brassière de sport, et un t-shirt très léger anti-transpirant. Je mettais au-dessus ma polaire puis mon Kway le matin et la journée je me retrouvais en t-shirt car il faisait souvent très bon.

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J’avais des chaussures basses Columbia, très confort, mais ce n’était pas du tout le top, car j’ai eu quelques ampoules à l’arrière, mais surtout parce qu’il y a énormément de callasses, donc il faut avoir des chaussures mi-montantes ou montantes.

Nous avions notre propre tente (Ferrino) avec notre super sac de couchage (Lafuma) – très très important de ne pas rigoler avec les degrés indiqués sur votre sac de couchage, il faut vraiment prendre un sac de couchage pour prévoir les nuits froides. Le Lafuma Active 5° (les plus : chaud, léger, compact) était parfait pour le GR, nous avions en plus un sac à viande en soir qui ajoutait 5 degrés. Nous avions également notre propre réchaud ainsi que quelques barres de céréales au départ. Ensuite nous achetions tout d’un jour à l’autre aux refuges. Nous profitions des quelques moments dans les villages « civilisés » pour acheter en plus grosses quantités, pour éviter de devoir acheter trop souvent aux refuges car c’était beaucoup plus cher dans les épiceries là-haut. Mais attention à ne pas être trop gourmand et vouloir en prendre de trop d’un coup, car après il faut le porter et 1 ou 2 k de plus sur le GR, ça se sent direct !

Encore des sections enneigées ?

Oui quelques-unes, mais vraiment très peu. Il restait quelques névés de moins de 10m, et nous pouvions les traverser très facilement, en faisant attention de ne pas glisser.

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Tes impressions positives ?

C’est une des plus belles expériences de ma vie.

D’abord parce que j’ai beaucoup appris sur moi-même, j’ai réveillé l’aventurière qui sommeillait en moi. Je n’avais pas de peur avant de commencer le GR20, je n’avais pas idée de la difficulté du parcours (même si Romain m’avait prévenue à mainte reprise), et surtout je ne me mettais pas en tête que ce que j’allais réaliser prochainement était le trek le plus dur d’Europe.

Physiquement, j’ai puisé en moi-même, j’ai transpiré, j’ai eu des douleurs, mais je me sentais bien, ce que j’avais rarement ressenti auparavant. J’allais au bout de moi-même, et ça, ça fait beaucoup de bien. Le soir on est fier de soi, et de ce qu’on a réussi à faire. Le mieux c’est de regarder la carte tous les jours, et de se rendre compte de ce qu’on a traversé, et du nombre de kilomètres parcourus.

Moralement, j’étais très bien, je me sentais libre et vivante, je prenais le bon air tous les jours, et je découvrais des paysages magnifiques. J’avais toujours sur moi mon appareil photo reflex, et je capturais les plus beaux instants. Même si parfois c’était dur, je n’abandonnais jamais, et ça c’est en partie grâce au soutien de mon copain qui a cru en moi et qui m’a épaulée dans les moments plus durs (type : la peur de descendre les chaines sur le parcours, car je n’avais jamais fait un truc pareil).

La nature était grandiose, j’ai beaucoup aimé rencontrer plein d’animaux sur le chemin : vaches, chevaux, chèvres, rapaces, etc. Ce que j’ai préféré : partir le matin très tôt (vers 5h30), pour voir la nature se réveiller tout doucement !

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Les relations entre randonneurs, c’est aussi un point qu’il faut souligner… et qui a fait de mon GR une aventure encore plus extraordinaire. Nous avons rencontré des personnes de tous les âges, sportives ou non, et qui avaient toutes le même objectif : vivre une aventure incroyable, se dépasser et rencontrer des gens. Nous avons rencontré deux jeunes qui finissaient leur GR alors que nous le commencions et qui nous ont donné leurs restes de nourriture, surtout leurs fruits secs, qui nous ont suivi pendant tout le GR ! Ensuite nous avons rencontré deux couples de suisses, et au fur et à mesure des étapes, nous rencontrions des personnes que l’on ne revoyait plus car nous étions souvent dans le sens inverse au leur sur le sentier. Enfin, et le meilleur pour la fin, nous avons rencontré deux potes d’une vingtaine d’années, qui furent nos compagnons sur les 5 derniers jours de GR… nous avons même terminé nos 2 jours à Calvi avec eux au camping. C’est sûr, nous nous reverrons !

La météo a été très clémente durant la totalité de notre GR. Nous avons eu très peu de pluie, et quand il y en avait, nous étions contents d’être un peu rafraîchis. Il fallait quand même être très vigilant lorsque le ciel se grisait car en montagne les gros orages arrivent très vite et peuvent être très dangereux. La seule grosse intempérie que nous avons eu c’était à Tighjettu, heureusement nous étions arrivés au refuge, car c’était vraiment très impressionnant. Le refuge étant construit dans la roche, les tentes étaient installées en plein vent, et certaines ont cassé à cause du vent fort et… des grêles ! Eh oui, nous avons eu de la grêle, elles étaient énormes, comme des billes voire plus grosses. Nous étions bien contents d’être à l’abri bien au chaud en jouant aux cartes.

Du négatif ?

Physiquement, j’ai eu plusieurs soucis. J’ai eu quelques ampoules à cause de mes chaussures, donc l’une s’est fortement infectée à cause de la transpiration dans la journée etc. Je la désinfectais mais rien n’y faisait, ça me faisait mal et j’avais du mal à marcher.

Arrivés à Vizzavona, nous avons décidé de faire un arrêt d’une journée pour se rendre à Corte, et profiter de visiter et d’aller chez le médecin pour voir ce que j’avais. Là, le médecin m’a déconseillé de reprendre le GR, car ma blessure pouvait s’aggraver. Je n’ai pas suivi son conseil, je me sentais en forme et ne voulais pas abandonner. J’ai pris le traitement qu’il m’avait prescrit et hop, repartis dès le lendemain. Ma blessure s’est soignée, tout allait pour le mieux, lorsque… arrivés à 10 jours d’aventure environ, j’ai commencé à attraper de grosses douleurs au genou… mon syndrome de l’essuie-glace venait de se réveiller.

La douleur devenait insupportable quand nous étions dans les descentes, la caillasse n’aidait en rien mon genou.

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Ça devenait trop dur d’avancer, j’ai donc pensé à abandonner, sauf que c’était contre mon envie. Je me disais que si près du but, ce n’était pas possible d’abandonner. C’est au refuge de Manganu, que j’ai rencontré une fille étudiante en kiné qui m’a fait un strapping et un de nos potes d’aventure m’a prêté sa genouillère dont il ne se servait pas… J’ai eu de la chance ! Et mon genou a tenu jusqu’au bout 🙂

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Ton plus gros coup de cœur ?

Ce que j’ai préféré dans le GR, c’est le contact avec la nature, le retour aux choses simples. J’ai apprécié découvrir tous ces merveilleux paysages, écouter les bruits des animaux, observer, me dépasser… mais aussi les moments de déconnexion des réseaux sociaux et l’entraide… Ce fut une révélation pour moi… Que du bonheur !

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Étapes et refuge préféré ?

J’ai adoré l’étape de Pietra Piana à Manganu, car on y découvrait les lacs vus d’en haut, c’était magnifique, un bleu azur, avec encore certaines névés, wahou !

J’ai aussi beaucoup aimé l’étape de Manganu à Castel de Vergio. Nous avons traversé un magnifique plateau de pozzines, avec des trous d’eau et des vaches et chevaux. Il y avait également le Lac de Nino. Le tout au petit matin… magnifique !

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La bergerie de l’Onda était mon refuge préféré : une grande prairie d’herbe fleurie, avec des petits papillons, des chèvres et chevaux mais aussi des petites rivières aux alentours pour se baigner…. Sans oublier les lasagnes au brocciu, excellentes ! C’est le seul endroit où nous avons mangé au refuge durant le GR. Les randonneurs rencontrés sur le chemin nous avaient dit que c’était à ne manquer sous aucun prétexte… et ils avaient raison !

Une astuce que tu pourrais partager ?

Un conseil pour vivre un GR au top : Se lever tôt le matin, pour voir la nature se réveiller mais aussi pour arriver relativement tôt aux refuges (manger en arrivant, se poser, se doucher, et profiter des rivières pour se baigner, mais aussi de jouer aux cartes avec les randonneurs).

D’autres conseils pour les lecteurs qui préparent le GR20 ?

Voici une petite liste de choses à ne surtout pas oublier car très utile : sandales ou tongs pour les douches et le soir, savon + shampoing sec, élastiques pour cheveux en quantité suffisante (durs à trouver sur le GR), serviette microfibre, sac à viande en soie pour ajouter une couche de chaleur en plus du sac de couchage, des barres de céréales ou muesli avec des fruits secs pour petites pauses gourmandes qui revigorent. Surtout une bonne trousse à pharmacie avec un peu de tout : pansements ampoules, strap, pansements, bandage, antidouleurs, crème moustique, crème antiinflammatoire pour les douleurs de tendons, ligaments, arnica etc. Pour ma part, il aurait fallu prévoir 2 genouillères, car les genoux, quand ça fait mal, ça ne pardonne pas !

Si tu envisageais de le refaire, changerais-tu quelque chose ?

Oui, je pense que je m’équiperais mieux… surtout au niveau des chaussures de rando, car les miennes étaient basses, et ce n’était pas le top pour passer un GR sans douleurs ni ampoules.

Et j’achèterais des vêtements plus techniques, vraiment spécialisés pour la rando. Aussi, je m’achèterai un tout nouveau sac car le mien était un vieux modèle de chez Décath et il était déjà très lourd de base.

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Merci beaucoup Margot pour ton retour d’expérience et vos belles photos ! C’est vrai, quand les économies le permettent, investir dans du matériel de très bonne qualité est vraiment appréciable pour vivre cette aventure dans les meilleures conditions !

Et au fait Margot – peut-être que certains lecteurs s’en rappellent 😉 – mais encore Félicitations !!! Margot avait été l’une des 4 gagnantes du Concours photos GR20. A ce sujet, l’été arrive vite, il y aura très certainement de nouveau un Concours Photos organisé cet été… 😉 A suivre très prochainement … ! A bientôt Margot et Romain !

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