Frédéric de Quimper – GR20 en 11 jours – fin mai 2017

Bonjour Frédéric, peux-tu te présenter stp ?

Bonjour GR20-Blog. Je m’appelle Frédéric, j’ai 37 ans, je suis originaire de Quimper en Bretagne, je vis en bord de mer et je travaille dans le secteur médical.

frederic gr20 11 jours mai 2017
Frédéric originaire de Quimper – GR20 – mai 2017

As-tu déjà une expérience de la randonnée ?

Mon expérience de la randonnée est succincte. En Bretagne, elle se limite à certaines portions du GR34 (Finistère sud, presqu’ile de Crozon, Port Manec’h, tour de Belle-Ile).

L’année dernière, j’ai passé 3 mois en Corse pour raison professionnelle. J’ai pu réaliser des randonnées à la journée, dont certaines empruntaient le GR20 : Bergeries de Bitalza, plateau de Cuscione, Incudine, Trou de la Bombe à Bavella, Restonica, Monte Renoso, lac de Nino, désert des agriates.

Peux-tu nous conseiller quelques randonnées à faire en Bretagne ?

Le GR34 est le sentier de randonnée qui parcoure tout le littoral Breton. J’emprunte régulièrement certains tronçons du Finistère sud lorsque je cours et d’autres parties en balade à la journée.

Si vous avez l’occasion de vous rendre en Bretagne, je vous conseille la presqu’ile de Crozon, le littoral bigouden et ses spots de surf, le tour de Belle-Ile, la côte du Granite Rose. Dans le Centre Bretagne, les Monts d’Arrée offrent le plus de dénivelé et des balades thématiques.

Il est possible d’en profiter à la journée ou sur plusieurs jours selon ses envies.

Concernant ton GR20, à quelle période l’as-tu fait ?

Je voulais faire le GR20 dans le sens Nord-Sud avant l’été. J’ai pris un vol Brest-Bastia, puis le Trinichellu entre Bastia et Calvi, pour un départ sur le GR20 le lendemain.

Je suis parti de fin mai 2017 de Calenzana pour arriver début Juin à Conca. J’avais initialement prévu 16 jours et je l’ai finalement terminé en 11 jours.

Monte Cinto - GR20 - mai 2017
Monte Cinto – GR20 – mai 2017

Quel était le contexte de vouloir faire le GR20 ? Une préparation spécifique ?

Le « GR20 » est une expérience que je voulais vivre depuis une dizaine d’années. La découverte du terrain Corse l’an dernier m’a encore plus motivé, et a été riche en enseignements car je savais sur quel type de terrain je m’engageais. J’ai réservé mes billets en février 2017.

Bien que n’ayant jamais randonné pendant plusieurs jours avec un sac de 15 kilos, je n’ai pas fait de préparation physique particulière pour le GR20. J’ai poursuivi mon activité physique habituelle : courir 10 à 20 km par semaine, surfer (en stand up paddle), bêcher mon potager !

Deux semaines avant le départ, j’ai arrêté la course à pied et je marchais tous les soirs 3-4 km pour faire mes chaussures.

Quel type de matériel as-tu emporté ?

D’un point de vu matériel, mon objectif était de partir le plus léger possible.

J’avais un sac ultra-light de 45 litres pesant 1 kilo (Exped). A l’intérieur 2 poches étanches de 10 litres : une pour les vêtements, l’autre pour le matelas, le duvet et l’oreiller gonflable. Le reste du matériel était dans des ziplocs (trousse de toilettes, pansements, nourriture…)

Pour l’eau, j’ai préféré des bouteilles souples de 500 ml (type trail) à la poche à eau. Je partais avec 2 à 2,5 litres chaque matin. Durant le GR j’ai beaucoup bu, j’ai aussi perdu beaucoup de poids car bizarrement je n’avais pas faim.

  • Pour le petit déjeuner j’avais cuisiné 1 kg de biscuits qui me calaient bien (recette dans le livre « La Cuisine de Demain » D’Hubert Jouan)
  • En journée, je grignotais des fruits secs (amandes, noisettes, mangues séchées) ou une barre céréale
  • Le soir, je profitais de l’épicerie des refuges pour me préparer des pâtes ou alors une salade en conserve.

Pour les chaussures, j’ai préféré des montantes pour protéger mes chevilles plutôt que mes chaussures de trail. Pour les vêtements, j’avais 2 shorts de trail, 2 t-shirts de trail, 3 paires de chaussettes, 1 pantalon de rando,  2 caleçons mérinos, 1 t-shirt manche longue mérinos, 1 pantalon de pluie, une veste Gore-Tex (indispensable en montagne) et une doudoune compressible.

Les bâtons de marche sont des atouts pour préserver ses articulations. J’avais aussi des crampons en raison de l’enneigement persistant sur certaines parties du GR.

Pour dormir, je louais une tente au refuge.

Le choix du matériel est aussi important que la préparation physique. Je suis parti avec un sac pesant 12 kg (14 avec l’eau).

Quelles sont tes impressions ?

Le GR20 est exigeant mentalement et physiquement. Il faut en permanence être vigilant car il y a peu de parties roulantes. Il faut être conscient et attentif, surtout si l’on se lance seul, car on peut se blesser, chuter, « s’emmaquiser » (perdre les traces rouges et blanches, même si le marquage est régulier) ou subir un changement de météo brutal à n’importe quel moment.

Impressions Positives :

La nature préservée, la diversité et la beauté des paysages, les parfums, les lumières. La déconnexion.

Incudine - GR20 11 jours - Frederic
Incudine – GR20 – Frédéric

 Impressions Négatives : 

La vétusté de certains refuges (ce qui a motivé mon choix de dormir en tente).

Qu’as-tu préféré le plus dans ton GR20 ?

J’ai aimé l’effort physique et mental exigé en permanence dans un environnement magnifique pour tous les sens.

Un coup de gueule, un message à faire passer ?

Aucun coup de gueule. Je suis revenu zen !

Tes étapes préférées ?

Plusieurs étapes m’ont marqués pour différentes raisons :

  • L’ascension en crampon de la Pointe des éboulis enneigée a mélangé stress, soulagement et fierté.
  • Après un paisible passage au Lac de Nino, un violent orage sur une crête, au milieu de troncs d’arbres déjà foudroyés n’était pas rassurant…
Lac de Nino - GR20
Lac de Nino – GR20
  • Le passage de la Brèche de Capitellu pour ses paysages majestueux, la vue sur les lacs.
  • La vue dégagée depuis le Monte Incudine : Au Nord, la vue sur le Cinto, Plagia Orba, Renoso, soit tout le chemin parcouru ; au Sud, la vue sur Porto-Vecchio, Propriano, Ajaccio…
  • L’émotion ressentie en passant Bocca d’Usciolu, avant la dernière descente sur Conca.

Comment ça se passe au refuge d’Asinau ?

J’ai doublé l’étape Matalza > Asinau > I Paliri. Je me suis arrêté à Asinau vers 11h où le sympathique gardien m’a préparé une omelette. Il y avait une épicerie et a côté une tente avec tables et bancs. Je n’ai pas fait attention s’il y avait dortoir etc…

As-tu une astuce à partager ?

Pour prendre des photos ou réaliser des séquences vidéos facilement, j’avais installé ma GoPro sur un des bâtons de marche.

Quels autres conseils pourrais-tu partager avec nos lecteurs en préparation du GR20 ?

Partir avec de quoi prévenir et soigner les ampoules. Je me sentais très à l’aise dans mes pompes avant le départ. J’ai tout de même eu une ampoule très douloureuse sous l’ongle du gros orteil,  dès la fin du 3ème jour.

Faute de matériel, j’ai réalisé une incision avec mon opinel pour l’évacuer ! Heureusement, j’avais des antibiotiques pour éviter une infection. Une aiguille, un briquet, voire un fil de suture (qui draine l’ampoule), ça ne pèse rien et ça peut aider !

Si tu envisageais de refaire le GR20 un jour, changerais-tu quelque chose ? 

J’ai l’impression d’avoir vécu un GR parfait (malgré l’ampoule !). Si j’envisageais un autre GR ça serait à la même période (Mai/Juin) en mode encore plus léger (trail).

capitellu gr20 11 jours frederic
Capitellu – GR20 – fin mai 2017

J’aimerai aussi monter au Capu Tafunatu et au sommet du Ritondu (que je n’ai pas pu réaliser en raison de la météo ou de l’enneigement) : autant d’excuses pour revenir en Corse !

Merci Frédéric de nous avoir partagé ton expérience ! 

Merci à vous !

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