Dounia psychologue du travail sur Lille : son GR20 fin juillet / début août

Bonjour Dounia, peux-tu te présenter ?

Je suis Dounia ! Originaire de Lille, je suis psychologue du travail.

Je suis assez hyperactive, j’ai beaucoup de mal à rester à la maison pour buller. Ma passion c’est le voyage et la découverte, qu’importe la distance parcourue.

J’ai fait un peu d’athlétisme (course de fond), je cours, je marche tous les jours, je fais du vélo, du yoga et je vais à la salle de sport plusieurs fois par semaine. Je ne sais pas ce qu’on appelle une personne athlétique mais je me considère comme « active » oui.

J’aime voyager depuis mon adolescence. Mon père avait pour habitude de m’appeler la « globetrotteuse » … je partais seule à Paris ou à Nice chez mes tantes dès 14/15 ans et je me baladais toute la journée.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu ce besoin d’évasion. Vous savez, cette sensation de plénitude quand vous regardez l’horizon et que rien d’autre ne compte aux alentours ? Quand vous cliquez sur « Réserver » et que le billet est payé ? Je ne me lasse jamais de ces sensations.

Déjà expérimentée en randonnée ?

J’aime beaucoup marcher et je favorise ce mode de transports au maximum dans mon quotidien (tourisme, aller au travail, faire des courses, se rendre à un rendez-vous, …)

J’ai marché sur la Mullerthal trail au Luxembourg à la journée, sur le GR34 (Sentier des Dounaiers), dans la région de Bouillon en Belgique, les Caps Blanc et Gris Nez, etc.

L’année prochaine, j’ai le projet de réaliser un des chemins de St Jacques en partant du Vézelay jusqu’à Fisterra soit près de 1800 km sur plusieurs semaines.

Le GR20 était ma première randonnée en itinérance sur plusieurs jours et la plus difficile.

Peux-tu nous conseiller quelques randonnées dans ta région ?

Je vis dans les Hauts-de-France, le fort dénivelé n’est pas tellement au rendez-vous mais on peut quand même trouver des endroits sympas dans les Flandres (Mont Cassel, Noir, des Cats). Les paysages autour des Caps est sublime, on alterne avec la Côte, les terres et les champs, un peu de bois.

A 2h30/3h de Lille il y a donc la région de Bouillon qui est aussi superbe et où la difficulté peut commencer à se faire sentir sur la journée.

Si on pousse un peu plus, le Luxembourg (destination à laquelle on ne pense pas toujours) est également un bon spot.

Quid de ton GR20 : à quelle période, quel itinéraire ?

Je suis partie du 24 juillet au 10 août mais je connaissais quelqu’un qui réalisait aussi le GR sur la même période. J’ai pris l’avion à Lille avec une escale à Toulouse pour arriver à Calvi. J’ai réalisé le GR20 dans le sens Nord – Sud, de Calenzana à Conca. J’ai fini le GR le 8 août et je suis restée les 2 derniers jours au gîte de Conca d’où j’ai pu visiter Porto-Vecchio.

Je ne suis pas restée longtemps seule ! J’ai fait la rencontre de beaucoup de personnes tout au long du parcours jusqu’à finir à Conca avec des compagnons de route depuis plusieurs jours.

Quel était le contexte de vouloir faire le GR20 ? Une préparation spécifique ?

Je n’avais jamais pensé à faire le GR20 mais l’objectif d’aller en Corse un jour me trottais en tête depuis un petit moment. Le copain que j’ai retrouvé sur le GR m’a tentée au mois de mars et je n’ai pas hésité une seule seconde. Cette randonnée représentait un grand défi pour moi en 2018, j’avais besoin d’un challenge. Je n’ai pas été déçue.

Dès le mois d’avril j’ai intensifié les séances de sport en salle avec beaucoup de cardio et surtout la machine escalier pour muscler les cuisses et préparer mes mollets. Je me suis remise à courir un peu et j’avais une séance de yoga tous les lundis.

En complément, j’ai réalisé quelques marches en Baie de Somme, j’ai fait la rando des 3 châteaux en Seine-et-Marne (24km), j’ai fait une randonnée à Bouillon de 19km et 600m D+.

J’avais peur de ne pas être assez prête et honnêtement, les escaliers à la salle m’ont énormément aidée dans les montées.

J’ai eu une grosse frayeur à une semaine du départ, une prise de sang a révélé que j’avais une grande carence en fer et un taux d’hémoglobine faible. Mon médecin a tenté de me dissuader de partir, il en était hors de question et je ne regrette pas une seule seconde. J’ai été prudente et me suis écoutée à chaque instant et j’ai suivi scrupuleusement le traitement qu’elle m’avait prescrit.

Quel équipement avais-tu emporté ?

Je suis partie avec un sac Décathlon 50L + 10L qui pesait un peu moins de 10kg au départ, sans eau (11.2kg avec eau). J’avais 2 gourdes : une de 75 cl et une de 80 cl ce qui est clairement peu. Avec le recul, je prendrai 1 gourde un 1 CamelBak.

J’avais 2 débardeurs, 2 tee-shirts (1 en coton, 1 de course à pieds), 2 shorts (1 cycliste, 1 short souple Décathlon), 1 legging Nike et 1 pantalon de rando Décathlon, 1 pull première peau (spécial neige de chez Décathlon), une doudoune réversible Salomon, un coupe-vent et 1 parka Uniqlo.

J’avais pris 5 culottes et 5 paires de chaussettes (2 paires basses, 3 paires hautes), 2 bandeaux pour les cheveux de chez Décathlon et 1 casquette. 1 serviette microfibre XXL et des tongs Havaianas avec une accroche derrière le pied (très pratique pour se doucher et pour faire le chemin du refuge jusqu’à la douche ou les toilettes).

J’avais 2 paires de chaussures, une paire de chaussures de randonnée montagne de chez Décathlon dont je suis hyper satisfaite : les MH500 MID imperméable Quechua à 70€ et des baskets de trail Reebok : les All Terrain Trail W.

J’avais également des bâtons de randonnées.

J’ai longuement hésité à prendre mes 2 paires et de nouveau je ne regrette pas du tout, j’ai pu alterner en fonction des étapes et des chemins à emprunter. Mes pieds ont grandement apprécié.

En général, la nuit je dormais avec un tee-shirt et un short ou mon legging quand il faisait plus frais. Comme sac de couchage, j’ai pris le Forclaz (sac de couchage de trek 500 10° light) et je n’ai jamais eu froid à cette période de l’année.

Je ne suis pas partie dans l’idée d’être en « autonomie » donc je n’avais pas de tente avec moi. J’ai dormi dans les tentes à disposition dans les refuges qu’à deux reprises (Petra Piana – refuge fermé pour infestation de punaises de lit et Onda par choix). Les tentes proposées par les refuges sont très bien, il faut dépoussiérer légèrement le fond mais elles sont toutes en bon état avec en général 2 matelas pour dormir.

Je n’avais ni réchaud ni nourriture lyophilisée. J’avais seulement prévu une douzaine de barres de céréales, des gels énergétiques (avec le recul, j’en prendrai beaucoup plus car ayant une digestion lente, ces gels sont très vite assimilés par le corps et boostent d’un coup l’organisme), 1 sachet de soupe Royco (avec le recul j’en prendrai également plus car avec un pain, du fromage, du saucisson etc ça remplit bien l’estomac).

En revanche, j’avais voulu m’acheter des mitaines (comme celles que l’on utilise à la musculation) pour l’escalade et ça m’a manqué car mes bâtons de randonnées m’ont blessée (cloques).

Encore des névés ?

Complètement enneigées, non, mais j’ai eu la chance de voir encore quelques névés aux alentours du Mont Cintu et sur d’autres étapes mais je n’ai jamais eu à marcher sur la neige.

Tes impressions positives ?

J’ai littéralement A-D-O-R-É cette aventure. Ça a été exceptionnel pour moi. Je ne saurai vous décrire exactement ce que j’ai ressenti mais c’est un sentiment de plénitude et d’exaltation intense :

Le dépassement de soi autant physiquement que moralement engendre une grande fierté, le PNRC est également très propre et bien balisé la plupart du temps, c’est un vrai bonheur car cela représente un stress en moins.

Je n’aurai jamais pensé être autant en harmonie avec la nature, me contenter d’un silencieux lever de soleil pour me rendre heureuse.

L’état d’esprit prédominant sur le GR est l’entraide, la chaleur humaine, les rires, le soutien… autant d’éléments positifs et motivants qui ne font que renforcer le kiff de cette aventure.

Des impressions négatives ?

Je n’ai pas tellement d’impressions négatives si ce n’est la différence d’accueil que l’on peut recevoir dans chaque refuge. Dans 2 refuges, j’ai eu l’impression de déranger les gardiens plus qu’autre chose…

Ton plus gros coup de cœur ?

La déconnexion d’avec mon quotidien urbain (y comyogapris déconnexion digitale) et le plongeon dans la Nature, la vraie, avec aucun autre choix que de se lever pour marcher et découvrir. Le silence ou en tout cas les bruits de cette nature (oiseaux, forêt, les cours d’eau, etc.) et surtout la bienveillance de toutes les personnes rencontrées.

Je n’ai pas d’étape coup de cœur n°1, tout le GR m’a fait rêver y compris les passages un peu moins impressionnants.

Je peux cependant noter que l’étape du Monte Cintu est superbe, la longue étape entre Ciottulu di i Mori et Manganu nous fait passer par des paysages complétement différents et notamment le Lac Ninu qui est un spot fabuleux sans oublier les Aiguilles de Bavella qui sont juste sublimes… et où je n’ai ressenti aucunes craintes.

Etape et refuge préféré ?

Comme je le disais plus, je n’ai pas d’étape préférée mais sans conteste mon refuge préféré est celui de Tighjettu. Charlie et Lelaria sont accueillants, bienveillants. Charlie est un personnage inoubliable et son refuge est le plus propre, le plus convivial.

Si je retourne sur le GR un jour (dans les 3 ans car après il laisse sa place), je passerai forcément le voir.

Un remerciement ?

Je remercie toutes les personnes que j’ai rencontrée sur ce GR qui ont été d’un soutien sans faille alors qu’on ne se connaissait pas.

Je remercie aussi la majorité des gardiens qui font un boulot monstre au quotidien pour nous offrir de quoi nous reposer et nous restaurer. Aucun randonneur ne s’endormira avec l’estomac vide !

Également, un grand merci au PNRC et a tous ses agents qui entretiennent le GR au mieux et nous permettent de randonner dans des endroits magnifiques, préservés et donc authentiques.

Je remercie également du fond du cœur Johan qui m’a poussée à faire ce GR car ça a été une véritable révélation pour moi et sans lui ça ne serait jamais arrivé.

Je remercie aussi Pierre, Alexis, Catherine, Murielle avec qui nous nous sommes liés d’amitié et avons fait un bout de chemin ensemble. Les Bretons, Jean-Paul et Valérie, Quentin, Elsa et Mélanie qui a gentiment proposé de nous héberger si nous ne trouvions pas d’hôtel à Porto-Vecchio et enfin Charlie que je n’oublierai jamais.

Quelques astuces pratiques à partager ?

Le week-end juste avant de partir, j’ai fait un dernier tour au Vieux Campeur et je me suis acheté du savon en feuilles. Un véritable trésor pour se laver les mains rapidement ou nettoyer les sous-vêtements sans forcément devoir sortir son gros savon de Marseille.

Ne surtout pas oublier les épingles à linge pour éviter que vos petites culottes ne s’envolent et vos boules Quiès si vous ne supportez pas les ronflements … votre voisin de refuge peut dormir très près de vous …

Une amie m’avait concocté un flacon d’huile d’arnica mélangé à de la gaulthérie. Je me badigeonnais chaque fois pendant de longues minutes et j’ai le sentiment que ça m’a bien aidée en plus d’hydrater un peu ma peau.

L’astuce ultime serait de partir au plus tôt (entre 6h et 6h40 pour) pour arriver tôt au refuge. Mon but n’était pas forcément d’arriver la première mais bien de ne pas subir la chaleur et d’avoir un maximum de repos avant l’étape suivante … Je ne faisais que quelques pauses sur la route mais je préférais déjeuner au refuge, prendre ma douche, laver mon linge et … me poser pour admirer le paysage.

D’autres conseils pour les lecteurs qui préparent le GR20 ?

N’ayez pas peur de vous lancer !

Pour moi, après cette expérience, je dirai que le mental joue à 80%. Je n’ai jamais eu peur mais n’étant pas sensible au vertige cela a dû m’aider …

Ne pas vous presser également ! J’ai réalisé le GR en 15 jours et j’en suis très contente. Chacun son rythme. J’avais envie et besoin de profiter de chaque instant et d’inscrire dans ma mémoire les vues, les détails … J’étais époustouflée par les personnes réalisant le GR en 10, 9, 8 jours mais nous n’avions pas les mêmes objectifs. Posez-vous la question : quel est mon objectif pour ce GR ?

Clairement, le mien était de me surpasser sans me mettre en danger et de profiter de l’instant présent.

Si tu envisageais de le refaire, changerais-tu quelque chose ?

Non, je ne changerai pas grand-chose. Je prendrai peut-être moins d’affaires et plus de réserves d’eau !

Envie de rajouter quelque chose ?

Je remercie grandement le PNRC de prendre autant soin de ce GR car le coup foudre fut total pour moi et m’a forcément donné envie de revenir.

Message bien passé Dounia, je suis sûr que les agents du Parc te remercieront en retour pour ton précis retour d’expérience. Et s’il y avait un seul de tous tes bons conseils à répéter, je garderai le suivant :

« … j’étais époustouflée par les personnes réalisant le GR en 10, 9, 8 jours mais nous n’avions pas les mêmes objectifs. Posez-vous la question : quel est mon objectif pour ce GR ? Clairement, le mien était de me surpasser sans me mettre en danger et de profiter de l’instant présent. »

Merci beaucoup Dounia !

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